Ce film retrace un projet chorégraphique à destination des usagers des services de soins de l’hôpital Vinatier de Lyon. Ces jeunes, âgés de 18 à 25 ans, ont traversé un premier épisode psychotique (PEP), un moment éminemment fragilisant dans la vie d’un jeune adulte : première confrontation à la maladie psychique, à la perte de contact avec une certaine réalité et parfois à une hospitalisation. A travers l’expression artistique par le mouvement, ces jeunes accompagnés de leur fratrie, de membres du personnel de santé s’engagent sur le chemin d’une découverte de soi et des autres au-delà du langage.
AU BORD DU MONDE Fiction (1h44)
Réalisateurs :
Muselle Sophie
/
Guérin van de Vorst Pays :
Belgique
- 2024
PRIX DU MEILLEUR FILM DE LA COMPÉTITION INTERNATIONALE ET PRIX DE LA MEILLEURE INTERPRÈTE POUR MARA TAQUIN AU FESTIVAL MAR DEL PLATA (ARGENTINE)
Alexia, 25 ans, volontaire et idéaliste, arrive comme infirmière stagiaire dans le service fermé d’un hôpital psychiatrique, et rencontre Joëlle, l’infirmière en chef, qui lui apprend le métier. Alexia va être touchée par la colère de Mila, une patiente de 20 ans, qui pense qu’elle n’a rien à faire là. Malgré les avertissements de Joëlle sur la distance à garder avec les patients, Alexia va se rapprocher de Mila et s’investir à fond pour essayer de la faire sortir.
Comment bien soigner dans une institution malade ? Dans un hôpital de la région parisienne, le Dr. Abdel-Kader, psychiatre de liaison, navigue des Urgences au service de réanimation, de patients atteints de troubles mentaux à ceux qu’une maladie chronique retient alités. En dépit des impératifs de rendement et du manque de moyens, il s’efforce d’apaiser leurs maux.
Consciente de la souffrance psychique qui a récemment envahi sa vie, Christine, professeure de philosophie, choisit de se faire hospitaliser. Elle découvre alors un nouvel environnement et fait la rencontre de Laure et Princesse Titou, deux consœurs de cheminement thérapeutique. Pour elles, une seule certitude : il n’y a pas de patients dans cet hôpital, juste des impatients.
Qu’est ce que ça veut dire de se tourner vers l’Histoire ? Quels sont les enjeux ? A mon avis, on ne peut pas échapper à la relation à soi-même et à son histoire. Une voix féminine prononce ces mots au cœur d’un monologue lancinant qui raconte trente-trois témoignages d’hommes et de femmes dont les vies sont étroitement liées au monde de la psychiatrie. Cette voix off est au premier plan d’un film dont elle incarne la colonne vertébrale. Autour d’elle, des images se greffent, se délitent, échappent au regard qui se voudrait documenté d’une histoire tangible. Car parler de la mémoire d’un hôpital psychiatrique situé au cœur d’une ville révèle ici notre incapacité à retranscrire le réel.
La réalisatrice a grandi dans un hôpital de l'Est de la France, inauguré en 1973 par ses parents, tous deux psychiatres. Rompant avec la tradition asilaire, ils y ont expérimenté de nouvelles façons de soigner. Aujourd'hui, cet hôpital a changé : des murs se sont élevés et des portes se sont refermées. Trente ans plus tard, elle retourne sur place pour faire revivre l'utopie médicale des années 70 et la confronter à la réalité d'aujourd'hui. Un débat qui questionne l’hôpital idéal, la folie et la normalité.
Durant la guerre, plus de quarante-milles internés sont morts de faim dans les hôpitaux psychiatriques français. Un seul lieu échappe à cette hécatombe, l’asile d’un village isolé du centre de la France : Saint-Alban-sur-Limagnole. Que s’est-il passé, ici et nulle part ailleurs, qui ait fait exception ? La réponse se trouve peut-être dans ces quelques heures de films amateurs retrouvés par hasard et qui, surgissant du passé, viennent témoigner des mille et unes inventions quotidiennes d’un lieu de résistances. Un magnifique montage d’archives...
"Je sentais le désir absolu de faire ce truc pour ne pas trop sombrer" : "ce truc", un film conçu et dirigé par un homme dans sa chambre d’hôpital. Des murs blancs pour horizon, des tuyaux verts qui le lient à la vie, lui cloué dans ses draps, soumis à ce monde médical hiérarchisé. Le silence engendre le vide mais aussi les pensées, les images. La voix féminine transmet les mots qu’il ne peut prononcer. L’œil de la pendule est cerclé de rouge : violence du désir.
Huit jeunes, patients dans un hôpital psychiatrique bruxellois, ont participé à toutes les démarches de création. Une chenille, deux singes, une colmobe, un rhino, un toucan et un papillon évoluent dans des décors champêtres et nous racontent une tranche de vie, nous livrent leurs attentes, leur recherche, leurs espoirs fous d’avenir, leur chemin accidenté, leur école buissonnière , leurs doutes, leurs questions, leurs amitiés...
Une comédienne, un musicien et une plasticienne. Durant plusieurs mois, ils se sont rendus au Centre hospitalier psychiatrique « La Chartreuse » de Dijon pour écouter les voix de ceux qui y vivent un certain temps. Les visages d’Eva Grüber, réalisés en direct nous dévisagent, ils sont le fil rouge de ces morceaux de vie épars. Poème à dire, à chanter, spectacle-concert, paroles urbaines, oratorio polyphonique... René, qu’est-ce qui te fait vivre ? est un peu tout cela.
McMurphy, personnage turbulent et anarchique, essaie de soulever les patients d'un hôpital psychiatrique contre la tyrannie de la hiérarchie hospitalière. Au-delà du thème de l'enfermement et du traitement de la folie, le film dévoile une contradiction fondamentale de la société américaine: le rejet et la mise au pas de la sauvagerie et de l'instinct libertaire des origines de la nation US. C'est aussi une parabole de la rébellion contre tous les goulags.
Le parlement italien a voté une loi qui abolit la détention des malades mentaux dans les établissements psychiatriques. Ils sont remis en liberté et doivent réintégrer la société. Augusto a plus de soixante ans et s'installe chez sa belle-fille Carla. Il va nouer une profonde relation avec sa petite-fille Rosa...
Deux films de Dino Risi: "L'homme aux cent visages" ("Il mattatore", 1959) et "Valse d'amour" ("Tolgo il disturbo", 1990).
Susanna tente de se suicider et ses parents décident de l'interner. Elle est envoyée dans un établissement psychiatrique de la Nouvelle-Angleterre et y passe deux ans. Deux ans durant lesquels elle apprendra les autres et elle-même, deux années difficiles où elle fera connaissance d'autres adolescentes dites "à problèmes", dont Lisa, séduisante sociopathe qui l'influencera beaucoup. Inspiré d'une histoire vraie.
Nick rentre très tard le soir et se laisse absorber par son travail. Sa femme, Mabel, élève leurs enfants et s'ennuie. Un soir, ils doivent sortir ensemble mais un effondrement sur un chantier mobilise Nick. Mabel erre dans les rues et se donne au premier venu. Le ménage se dérègle, Mabel sombre et doit subir un traitement psychiatrique. Elle revient, changée mais tentée par le suicide... Un film intelligent sur l'aliénation de la femme. Note: il existe un documentaire sur le réalisateur dans la série "Cinéma de notre temps", qui porte la référence TD1590.
TURBULENCE Fiction (08 min)
Réalisateur :
Santelli Albert Pays :
France
- 1984
Clé d'or au Festival de Lorquin en 1985
Des soignants aux visages masqués mettent en évidence la distance qui les sépare des patients, aux visages démasqués. Vision symbolique de l’hôpital psychiatrique, ce film pose la question de l’engagement dans le travail thérapeutique, à travers quelques moments de la vie quotidienne des infirmières.
Entre 1971 et 1978, le psychiatre Franco Basaglia mène une révolution scientifique et culturelle sans précédent. Autour de ce protagoniste charismatique et incontesté, une ville assiste incrédule, intimidée, dépassée par l'enthousiasme d'un groupe de médecins tout juste diplômés, à la transformation de la cité en un laboratoire à ciel ouvert en même temps que se démantèle l'asile psychiatrique San Giovanni (1200 lits). Le film offre un aperçu de la tâche la plus difficile à laquelle a dû faire face Franco Basaglia : changer la mentalité des gens.
Cora est médecin dans le service psychiatrique d'un hôpital. Elle a accueilli dans son service une jeune femme murée dans son silence et dont personne ne connaît l'identité. Petit à petit, Cora gagne la confiance de sa patiente et réussit à briser le mur de son mutisme. Un lien étrange se tisse entre elles. Mais un jour, le service administratif réussit à découvrir le nom de la jeune femme et l'ambassade la renvoie dans son pays... Solveig Anspach filme magnifiquement la force et la résistance d'une "victime", les visages et les corps, la douceur ambiante qui domine les volcans intérieurs.
Langues originales: français, anglais et islandais.
Spider vient de passer vingt ans dans un hopital psychiatrique et retourne à Londres dans le quartier de son enfance. Cet homme coupé du monde remonte peu à peu son passé à la recherche de son histoire. Il croit notamment se rappeller que son père a tué sa mère pour s'installer avec une prostituée quand il avait douze ans... Un film intimiste au dénouement optimiste, où Cronenberg traite ses obsessions habituelles de manière plus dépouillée, avec une audace artistique nouvelle. Fiennes est fabuleux.
Ils sont plusieurs milliers, chaque année, hospitalisés en psychiatrie contre leur gré. Parce qu'ils peuvent présenter un danger pour eux-mêmes ou pour les autres, la loi a en effet prévu que ces malades pouvaient être soignés de force. La maladie mentale est la seule à connaître ce processus privant des individus de leur liberté au nom de leur santé.
A travers des histoires humaines racontant l'itinéraire de ces malades soignés "malgré eux", ce sont de lourds enjeux de société qui sont posés par ce film. En effet, la réforme de la loi qui organise l'hospitalisation sous contrainte est devenue un débat de société. Des faits divers récents en France, ont renforcé un inquiétant discours sécuritaire qui voudrait faire passer les malades pour des criminels en puissance. Une peur qui pousserait davantage à leur enfermement qu'à leur intégration.
Un individu étrange marche sous la pluie, s'approche de la vitrine d'un restaurant où il aperçoit un piano, entre et commence à tenir un discours incohérent... David Helfgott est un pianiste prodige, né en Australie dans une famille juive, formé par un père exigeant qui a reporté sur lui toute sa frustration personnelle et l'a couvé au point de l'empêcher de partir suivre des cours aux États-Unis. David quitte finalement l'Australie pour Londres, banni par son père. Là-bas, sous la houlette de son professeur, son talent s'épanouit mais, lors d'un concert, David s'effondre. Électrochocs, séjours en hôpital psychiatrique,... jusqu'à ce qu'il soit redécouvert. Une histoire étonnante et vraie, un ton juste et sensible, un film qui raconte et qui touche sans justifier. Oscar pour Geoffrey Ruch.