Dalva a l'air tout d'une femme, et, pourtant, elle n'a que 12 ans. Elle est sous l'emprise incestueuse de son père, dont elle se croit amoureuse. Elle est brusquement retirée de ce père en pleine soirée. Elle plonge dans l'incompréhension totale et dans la révolte. Elle rencontre un éducateur et une adolescente au sale caractère, grâce à qui la page semble tournée du moment où elle commence à se construire comme une fille de son âge.
« Petites » est le récit libre de l’Affaire Dutroux, raconté par cette génération d’enfants, aujourd’hui adultes, exposée bien trop tôt au sordide dans l’intimité de leurs foyers. Leurs souvenirs sont altérés par le temps, déformés par le prisme médiatique et leur regard d’enfant. Bout à bout, ces différents témoignages racontent notre version intime de l’histoire. Un morceau de notre mémoire collective.
Irresponsables pose le débat de l’irresponsabilité pénale et documente la fracture grandissante entre la société française et ses « fous », permise par une nouvelle forme de populisme pénal.
Alors que la France vient de faire évoluer la loi, après l’affaire Sarah Halimi, familles de victimes et d’auteurs de crimes, experts-psychiatres, juges, avocats, gardiens de prison, ont accepté de témoigner dans cette enquête documentaire.
Ils aideront à dresser le portrait-robot de ces meurtriers qui repoussent les frontières de la raison et permettront de comprendre le parcours du combattant des familles, des proches, des soignants qui s’occupent des malades mentaux meurtriers dans une société qui les considère d’abord comme des dangers et non comme des malades.
La révélation d'un inconscient familial qui se transmet de génération en génération et pèse sur notre existence a été fait de manière synchrone par des personnalités aussi diverses que la psychologue Anne Ancelin Schützenberger, le missionnaire devenu thérapeute Bert Hellinger, ou l’extraordinaire artiste Alexandro Jodorowsky. Si les études épigénétiques montrent qu'un événement traumatique peut modifier la composition du génome, on ne sait pas exactement comment ces “histoires inachevées” sont transmises à travers les générations. Mais les résultats sont là.
Nicholas (Zen McGrath), âgé de 17 ans, n'est plus le garçon souriant qu'il était avant. Alors qu'il ne va même plus en cours, sa mère Kate (Laura Dern) est désemparée. Il va alors demander d'aller vivre chez son père, Peter (Hugh Jackman). Ce dernier va tenter de redonner le goût de vivre à son fils.
Iggy Pop nous présente une méthode pour rester en vie dans un monde impersonnel. L’essai Rester vivant : méthode de Michel Houellebecq et les expériences personnelles d’Iggy Pop sont les points de départ de cette quête qui s’intéresse au rôle du poète, aux artistes en difficulté et aux problèmes de santé mentale. "Un poète mort n’écrit plus, d’où l’importance de rester vivant", et c’est bien là le combat de ce feel good movie sur la souffrance.
Des mesures de justice restaurative sont proposées depuis 2014 en France à des victimes de vols, de viols et aux auteurs d’infraction afin de dialoguer dans des dispositifs sécurisés. Ces lieux sont encadrés par des professionnels et des bénévoles1. Ce film montre les rencontres entre des hommes condamnés et leurs victimes ainsi que toute la préparation à ces rendez-vous qui fait partie intégrante du processus des mesures restauratives, menée par Judith, Fanny et Michel. Nous suivons quatre victimes (Sabine, Grégoire, Nawelle et Chloé) concernées par diverses infractions : vol à l'arraché, homejacking, braquage et viols incestueux respectivement. L'évolution des victimes s'accompagne de celle des coupables, ces évolutions aboutissant parfois à la réparation. Ces chemins se caractérisent par des émotions multiples, contradictoires, changeantes.
Des jeunes, des enfants et leurs parents viennent consulter, souffrance en bandoulière, sous le manteau ou sous la peau, c'est selon. Au centre médico-psycho-pédagogique, les soignants sont là pour les accompagner en thérapie. Par le jeu, le dialogue, le silence, en famille, en groupe ou individuellement, ils cheminent pour les aider à grandir. La nuit, dans les couloirs et la salle d’attente, entre rêve et cauchemar, un drôle de petit bonhomme s’anime et libère ses émotions. Il était une fois, derrière le symptôme, tapis dans l'ombre, des enfants, des adolescents et des parents qui avaient peur du loup... Loup y es-tu ?
A partir d'images d'archives et de la correspondance entre Freud et sa fille Anna, ce film nous révèle un portrait intime du père de la psychanalyse. On découvre sa vie de manière chronologique, son rapport à la judéité, l'élaboration de son travail, son entourage, Vienne de l'époque,...
À l’accueil de jour de Chambéry, l’équipe mobile précarité et psychiatrie reçoit des demandeurs d’asile en consultation. Ils viennent y déposer leurs mots, s’efforcent de nommer leurs souffrances, d’évoquer leurs cauchemars et leurs peurs, laissant échapper un sanglot, un cri de colère. Entre le monde des soignants et celui des patients, les interprètes jouent le rôle de passeurs, tentant de rendre au langage sa force et sa singularité. De séance en séance, les exilés cherchent à se réapproprier leur récit et esquissent leur reconstruction.
Avec des livres illustrés, une comédienne-liseuse entre dans un hôpital français pour rencontrer une bande de patients qui semblent isolés du monde. La littérature est une clé pour pénétrer dans l'enceinte de leur forteresse expressive et construire avec eux une ballade existentielle hors norme.
En France, quatre millions de personnes sont concernées par l’inceste. Pour briser ce tabou sociétal, Christine Douzain, une psychiatre de La Réunion, a créé un dispositif de sensibilisation inédit qui utilise une pièce de théâtre pour évoquer l’indicible et libérer la parole. En novembre 2020, elle sera jouée pour le grand public, mais aussi dans les lycées et en prison, face à des auteurs d’inceste.
A travers le regard des deux réalisateurs, eux-mêmes victimes, ce film raconte l'histoire de Christelle, Abdellah, George et Sébastien qui ont survécu aux attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Trois ans après le drame, ils nous montrent leur résilience collective et individuelle et les difficultés qui restent.
Tout le monde a toujours aimé Jeanne. Aujourd’hui, elle se déteste. Surendettée, elle doit se rendre à Lisbonne et mettre en vente l’appartement de sa mère disparue un an auparavant. À l’aéroport elle tombe sur Jean, un ancien camarade de lycée fantasque et quelque peu envahissant.
La première salle de consommation à moindre risque de Belgique a ouvert à Liège en 2018. Refuge pour des personnes en situation de précarité, elle offre la possibilité de chasser les dragons (une manière d’inhaler de l’héroïne) dans des conditions d’hygiène et de sécurité décentes. Mobilier de bureau standard, armoire à pharmacie aux petits tiroirs bien rangés : au premier coup d’œil, on est frappé par l’hyper normalité d’un lieu qui ne l’est pas. Alexandra Kandy Longuet a passé plusieurs mois dans ces locaux aux côtés des usagers, des hommes sans abri pour la plupart, accueillis par une équipe de soignant·es et de travailleur·ses sociaux·les bien décidé·es à leur donner du temps et de la place. La réalisatrice ne gomme pas la violence des pratiques réalisées dans cet espace dédié. Pourtant, ce qu’on retient de ce film attachant, c’est l’évidence avec laquelle elle va à la rencontre de François, Thomas, Arnaud et les autres, autant de personnes aux vies éclatées qu’on prend, avec elle, le temps d’écouter.
L'alcoolisme au féminin demeure nettement plus stigmatisé que celui des hommes. Pour lever ce tabou, cinq femmes qui s'en sont sorties, témoignent et s'invitent discrètement dans le cabinet de Fatma Bouvet, psychiatre et addictologue qui a ouvert une consultation d'alcoologie réservée aux femmes.
On découvre des témoignages sur la question des préjugés tirés d'entretiens avec des usagers, des proches et des professionnels de santé. Un film, réalisé avec l'association "Les 87 Revanchards" qui réunit des professionnels du cinéma avec la participation de l'actrice Clémentine Desgranges.
Le 23 août 1973, le braquage de la Kreditbenk de Stockholm tourne mal : la prise d'otages va durer six jours. De manière étonnante, les otages prennent fait et cause pour les braqueurs et s'opposent aux policiers. Les liens qui se sont tissés au cours de cette période entre les otages et les braqueurs vont laisser un nom dans l'histoire de la criminologie : le syndrome de Stockholm. Presqu'un demi-siècle après les faits, les deux braqueurs et une des otages témoignent. Ils nous expliquent ce qui s'est passé dans la banque au cours de ces six jours de siège