1998. Un enfant donne de petits coups avec son bassin sur chaque angle de son bureau. A voix haute, il énumère des multiples de 5. C’est l’espace entre le bureau et le mur qui l’obsède. Il n’est pas comme il devrait être. Et laisser les choses en l’état, accepter un léger décalage, ce serait faire courir un grand risque à son monde. Au monde tout court en fait.
2019. Mathieu a 33 ans. Parfois encore, son bassin cherche l’angle du bureau. Mais il a appris à y accorder moins d’importance, à accepter le léger décalage, découvrant ainsi qu’entre le bureau et le mur, effectivement, il y avait bel et bien le monde.
Un jour, un réfugié s’adresse à une administration pour demander l’asile. De bureau en bureau, sa présence sème le doute dans l’enceinte grise des dédales de la bureaucratie. Alors le destin de cet inconnu, sans le savoir, va modifier le destin de tous les autres... jusqu’au grand soir.
La prévention et la lutte contre le harcèlement psychologique au travail. Exemples en France et en Allemagne où des réseaux d'entraide se sont constitués. Rencontre en Belgique avec des syndicats, des médecins du travail, des magistrats et des victimes qui souhaitent voir inscrire dans les règlements de travail l'interdiction du harcèlement psychologique au même titre que celle du harcèlement sexuel. Un syndicat propose que soit introduit dans le "code du bien-être" du travailleur un article d'information sur le "mobbing" (définition, causes et conséquences), la désignation d'une personne référente, la possibilité d'une médiation ou de sanction... Des entreprises commencent à agir contre le harcèlement psychologique et des victimes entament des poursuites judiciaires (possibles en Belgique depuis 1998).
LE HUITIÈME JOUR Fiction (1h49)
Réalisateur :
DORMAEL Jaco VAN Pays :
Belgique
/
France
- 1995
Prix du meilleur acteur pour Daniel Auteuil et Pascal Duquenne au Festival de Cannes 1996
Un homme d'affaires plutôt futé rencontre par hasard un jeune mongolien. Dans un premier temps, il tente de s'en débarrasser mais finit par remarquer que cet être pas comme les autres peut lui apprendre beaucoup de choses. L'histoire d'une amitié et d'une découverte, un regard tendre sur la différence. Deuxième long métrage de Jaco Van Dormael.
Marie-Cécile Henriquet , psychologue, s’entretient avec le Professeur Pierre Fontaine, pédopsychiatre, psychologue, professeur émérite de psychiatrie de l’enfant à l’Université Catholique de Louvain, co-fondateur de la Federation of European Psychodrama Training Organisation, co-fondateur de diverses associations en psychodrame, thérapies familiales, etc… Pierre Fontaine, personnage « bi-polaire » comme il se définit lui-même, intègre d’emblée le jeu dans son approche thérapeutique avec les enfants. Développant une pratique de thérapie familiale basée sur l’émergence de la « partie saine des familles », Pierre Fontaine contribue également à la naissance et au développement du psychodrame en Belgique. Pierre Fontaine associe une dimension sociale à son travail, et met également l’accent sur l’importance de l’ordinaire, sur ce que l’on pourrait appeler aujourd’hui le savoir profane.
LE JOUR DES IDIOTS Fiction (1h45)
Réalisateur :
Werner SCHROETER Pays :
RFA
- 1982
Bundesfilmpreis de la meilleure réalisation en Allemagne
Carole Schneider (Carole Bouquet, dans un de ses premiers rôles, plutôt déshabillé) est une jeune femme charmante autant qu'excentrique. L'insouciance d'une vie aisée et d'un milieu bien-comme-il-faut la laisse toutefois insatisfaite. Son petit ami semble bien incapable d'apporter la moindre réponse à ses demandes émotionnelles. Pour attirer l'attention sur elle, elle dénonce comme dangereux terroristes ses paisibles voisins. Par ce petit détail, le réalisateur pointe la paranoïa, savamment entretenue par le gouvernement, qui avait touché la société allemande pendant les "années de plomb". Ses outrances amènent Carol dans un asile psychiatrique assez étrange, qui peut être vu comme la métaphore d'une société avide de se débarrasser de tous ses "gêneurs". Werner Schroeter signe ici une oeuvre qui, si elle renoue avec la structure narrative linéaire (après une série de films-collages expérimentaux), utilise pour traduire l'état d'esprit de sa protagoniste des séquences hallucinées, dont le montage sert à créer une désorientation spatiale et temporelle. L'essentiel de la signification du film est délivré par le corps de Carole, ses expressions faciales et sa gestique, bien plus que par les dialogues. Un film âpre et complexe qui fait voler en éclat toutes les prison-asiles du désir.
Le 23 août 1973, le braquage de la Kreditbenk de Stockholm tourne mal : la prise d'otages va durer six jours. De manière étonnante, les otages prennent fait et cause pour les braqueurs et s'opposent aux policiers. Les liens qui se sont tissés au cours de cette période entre les otages et les braqueurs vont laisser un nom dans l'histoire de la criminologie : le syndrome de Stockholm. Presqu'un demi-siècle après les faits, les deux braqueurs et une des otages témoignent. Ils nous expliquent ce qui s'est passé dans la banque au cours de ces six jours de siège
Plongée en apnée dans le quotidien d'un détenu, au plus proche du corps, des gestes mille fois répétés, de la folie qui couve. 6 mètres carré dans lesquels la perception du temps et le rapport au réel sont bouleversés.
La maladie d'Alzheimer, les signes avant-coureurs, le diagnostic et la prise en charge du patient. En s'appuyant sur de nombreux témoignages dont ceux de proches, ce document rend compte avec sobriété et humanité du processus de déclin qui caractérise cette maladie : les pertes de mémoire, les difficultés quotidiennes et psychologiques auxquelles est confronté l'entourage, la prise en charge au domicile ou dans un centre d'accueil, les associations d'information et d'aide au malade et à sa famille (la Ligue Alzheimer,...), les relations avec les aidants familiaux... Un film destiné aux familles qui apprennent le diagnostic de la maladie d'un proche et qui devront faire face à un parcours long et incertain.
Christelle vient d'être maman. Soudain prise de panique devant son bébé, elle disparaît. Son mari la cherche partout, se pose toutes les questions, ne trouve aucune réponse. Et pourtant Christelle n'est pas loin, elle s'est réfugiée chez la voisine qui l'écoute et prend soin d'elle... Simple, frais, juste, sincère, un film qui dépasse l'angoisse d'une mère pour toucher aux relations humaines dans toute leur complexité.
Sur les murs de Libreville au Gabon, il y a les écrits d'un personnage connu sous le pseudonyme du "Maréchalat du roi Dieu". André Ondo Mba de son vrai nom est un personnage particulier... Il souffre de schizophrénie paranoïde aigüe et est atteint de surdité. Au fil des années, il a développé un art graphique par l'écriture où il prêche les mythologies qui lui sont dictées depuis l'au-delà par son double immortel. Ses écrits font penser à l'écriture automatique des poètes surréalistes. Pour les médecins psychiatres il est considéré comme un cas, pour le commun des Librevillois qui ne le connaissent qu'à travers ses écrits c'est un poète, un philosophe, un mystique.
Compléments DVD: Entretien avec la réalisatrice (32') - Filmographie.
Lorsque l'enfant quitte sa maman pour l'école et devient un élève, il entreprend un formidable travail psychique. Il quitte l'institution familiale pour un nouvel univers dont il devra comprendre les codes, les valeurs et les styles. Deux institutions qui sont parfois en contradiction. Il apprend aussi à vivre avec les autres, tout autant dans sa classe que dans la cour de récréation. Il aura à développer sa pensée, sa capacité de symbolisation et son langage. La parole lui permettra notamment d'acquérir du pouvoir sur son environnement et de gérer le problème de l'agressivité. L'élève aura enfin, à faire des apprentissages qui nécessitent également, on l'aura deviné, un effort psychique considérable. Jacques Constant, pédopsychiatre et chef de service à Chartres est fondateur de l'Association des Psychiatres de secteur Infanto-juvénile (API). Co-auteur de la "Consultation infanto-juvénile" (Doin), et le "Handicap mental chez l'enfant" (Edition ESF, 1997), il considère que sa pratique lui confère un authentique statut d'ethonologue de l'enfance. Il s'intéresse particulièrement aux rôles sociaux des enfants notamment à celui qui consiste à être un élève. Pour lui, une bonne partie des enfants vus en psychiatrie ont simplement de la difficulté à accomplir le travail psychique nécessaire pour remplir leurs rôles d'enfant.
A travers les gestes de la psychomotricité, bref apprentissage de cette approche spécifique auprès d'enfants IMC, notamment, et d'adultes ayant un lourd parcours psychiatrique.
Léandre vit dans la passion d’une comédienne du 16ème siècle, Isabella Andréini, la première femme à être montée sur scène en France. Il accepte un jour qu’une jeune femme vienne consulter chez lui un recueil de notes de l’actrice…
Rencontré chez lui à Paris, le psychanalyste Didier Anzieu nous parle du Moi-peau, notion à laquelle il s'est intéressé tout au long de sa carrière et qui constitue le thème de la plupart des nombreux ouvrages qu'il a écrit. Il nous présente certains éléments de sa réflexion : définition du Moi-peau, ses fonctions, ses liens avec les rêves, les principales pathologies, dont le narcissisme et son aspect culturel.
Une jeune peintre préparant sa première exposition s’investit dans sa création, jusqu’à perdre pied avec le réel et sombrer dans un chaos hallucinatoire. Dans la claustration d’une clinique, elle se reconstruit lentement par la peinture et l’observation quotidienne d’un écureuil à travers la fenêtre.
La réalisatrice a grandi dans un hôpital de l'Est de la France, inauguré en 1973 par ses parents, tous deux psychiatres. Rompant avec la tradition asilaire, ils y ont expérimenté de nouvelles façons de soigner. Aujourd'hui, cet hôpital a changé : des murs se sont élevés et des portes se sont refermées. Trente ans plus tard, elle retourne sur place pour faire revivre l'utopie médicale des années 70 et la confronter à la réalité d'aujourd'hui. Un débat qui questionne l’hôpital idéal, la folie et la normalité.
Vincent, consultant en entreprise, a été licencié. Incapable de l'annoncer à sa famille, il leur fait croire qu'il continue à travailler et s'invente un nouvel emploi, à Genève, dans une institution internationale. Le piège se referme sur lui: pour maintenir l'illusion et le niveau de vie, il s'écartèle de mensonge en mensonge. Deuxième long métrage de Laurent Cantet, après le remarqué "Ressources humaines" (1999), cette histoire s'inspire de celle du docteur Roman qui, pendant près de quinze ans, a menti à sa famille et à son entourage puis a tué sa femme, ses enfants et ses parents avant de rater son suicide. Le réalisateur et son scénariste refusent le sensationnel et se focalisent sur Vincent, sur son drame, ses réactions et sa double vie. La construction du film est impeccable, la photo soignée et l'interprétation proche de la perfection.
Fascinant voyage à la frontière du réel et de l’imaginaire ! Grace, une fillette de 10 ans, se sert de ses superpouvoirs d’imagination pour trouver son chemin dans le paysage émotionnel de la dépression de sa mère. L’auteure et réalisatrice Wanda Nolan s’est associée à l’animatrice Claire Blanchet pour tisser une histoire profondément émouvante.