Après avoir défini le processus de radicalisation des adolescents, Serge Hefez nous explique son mécanisme, proche de celui de la dérive sectaire, développant chez l'adolescent des croyances extrêmes et totalitaires justifiant le djihad et la violence comme moyens d'action. Il décrit ensuite les signes d'appel de cette radicalisation qui sont favorisés et entretenus par internet. Après avoir cerné globalement les profils des jeunes à risque de radicalisation, il nous montre, à travers un exemple clinique, comment un travail thérapeutique familial peut faire évoluer favorablement cette problématique. Il évoque enfin différentes perspectives de soin et de prévention possibles. Serge Hefez est psychiatre, psychanalyste, thérapeute familial et auteur de nombreux articles et ouvrages sur la famille.
Depuis longtemps et même aux pires moments, une assistance médicale fut octroyée au prisonnier. L'action de ce document, documentaire-fiction porté par les dialogues d'Alphonse Boudard, se situe dans cette période contemporaine où la réforme pénitentiaire se tourne résolument vers la resocialisation du délinquant et restitue sa dimension thérapeutique. La découverte de la relation clinicien-patient a beaucoup dynamisé la psychiatrie contemporaine au point de faire éclater les structures du vieil asile. Ce film, par ses images réalistes et ses dialogues authentiques, devrait contribuer à une meilleure connaissance de cet univers carcéral où " l'aliénation" dans sa pluridimensionnalité exprime aussi la pathologie du social et de l'éthique.
Une collection d'entretiens enregistrés en 1983 entre Daniel Friedmann, sociologue, et des psychanalystes qui s'expriment sur cette discipline. Lors de ces entretiens, Daniel Friedmann, questionne sept psychanalystes sur les rapports entre la psychanalyse, la politique et les idéologies. A travers leur expérience d'engagement politique ou leur parti-pris de non-engagement, les analystes exposent le danger qu'il y aurait à considérer la psychanalyse comme un substitut aux pouvoirs quels qu'ils soient et rappellent que la psychanalyse ne peut qu'être désengagée vis-à-vis de la politique. Ils évoquent les valeurs du collectif par rapport à celles de l'individu, le narcissisme en politique à l'opposé de l'écoute de l'autre, fondement de l'analyse... Ont été interviewés: Eduardo Prado de Oliveira, François Roustang, Jean Clavreul, Jean-Bertrand Pontalis, Laurence Bataille, Isi Beller, Markos Zafiropoulos.
Lors de cet entretien, Daniel Schurmans nous raconte son parcours et la rencontre des cultures qui ont guidé ses réflexions et ses pratiques cliniques. Notamment avec des guérisseurs africains. Naviguant entre la psychiatrie et l’anthropologie, Daniel Schurmans explore les concepts et les pratiques en Europe, nourri par ses enseignements et expériences étrangères. Il développe le concept de psychiatrie anthropologique, interroge l’origine des troubles mentaux, avec entre autres la question de la psychose, et pointe l’importance du donné culturel dans l’appréhension des souffrances psychiques. Dans la collection "Mémoires de psys"
LA PSYCHIATRIE COURT LES RUES Documentaire (25 min)
Réalisateur :
Estèbe Mariane Pays :
France
- 2010
Lorquin 2012, clé d'argent
Vincent, Audrey, Agnès, et Hermann sont médecins, psychiatres, travailleurs sociaux, et « travailleurs pairs ». Richard, David et Mélik souffrent de pathologies psychiatriques lourdes et sont sans domicile fixe. C’est dans les rues de Marseille, au fil de leurs rencontres, que se développe l’expérience insolite de l’équipe mobile de santé communautaire. Ensemble, ils travaillent à la construction d’un lieu de vie, inventent de nouvelles formes de soins, et élargissent le champs des possibles.
Les problèmes psychologiques, éthiques et humains que pose la pratique de la médecine fœtale sont exposés par le professeur Soulé. S'appuyant sur sa pratique au sein d'une équipe de médecine fœtale, le professeur Soulé nous permet de comprendre que la haute technicité qu'implique cette discipline médicale ne peut se passer d'un pédopsychiatre.
Le Dr. René Angerlergues vient à la clinique psychiatrique, après avoir pratiqué en neuropsychologie durant vingt ans. De là, sans doute, son souci de décrire un statut de la psychiatrie qui soit défini de manière à permettre de tenir ensemble les deux fils de la biologie et de la psychanalyse. Chemin faisant, il aborde la place du DSM III, de la pharmacologie, des notions de prise en charge, de rééducation dans une psychiatrie compatible avec la qualité de l'homme, c'est-à-dire la qualité créatrice du psychisme humain.
Psychiatrie, folie, maladie mentale, des mots qui font peur et que l'on préfère réserver aux autres. Des mots qui impliquent ou qui impliquaient souvent enfermement, asile. Beaucoup de choses ont évolué ces trente dernières années (anti-psychiatrie, neuroleptiques, réflexion psychanalytique...) pour qu'on puisse dire qu'il existe aujourd'hui de réelles alternatives à l'hospitalisation psychiatrique. L' émission propose de redéfinir la psychiatrie au départ de documents d'archives (1962, 1971, 1990, 1991) qui sont commentés par un psychiatre et un psychanalyste. Ces derniers insistent sur l'importance de rétablir la communication là où il n'y en a plus quand la personne est en souffrance et qu'elle ne peut plus trouver de soutien dans son environnement social. Leur but est de montrer que tout un chacun peut éprouver à un moment de sa vie des problèmes existentiels qui n'impliquent pas pour autant la folie et que des lieux existent où l'on peut trouver une aide (centre de santé mentale, placement familial, psychothérapie, ...).
Le Dr Philippe Hennaux s’entretient avec le Professeur Willy Szafran, psychiatre, psychanalyste, professeur émérite de psychiatrie et de psychologie médicale de la VUB, auteur de plusieurs ouvrages sur Freud et la psychanalyse.
Homme de science et de culture, Willy Szafran nous livre brillamment ses réflexions sur la place de la psychiatrie dans son évolution historique, et dans ses rapports à la médecine et à la société. Il expose son point de vue sur la psychiatrie psychodynamique qui vise à redynamiser la psychiatrie grâce à l’apport de la psychanalyse, de la phénoménologie, de la sociologie et de la philosophie.
Pour le Dr. Raymond Cahn, la psychopathologie de l'adolescent aujourd'hui soulève beaucoup de questions en regard des conduites agies : anorexie mentale, boulimie, toxicomanie, actes suicidaires, décrochages scolaires. Comme il a travaillé pendant plus de 16 ans avec les adolescents dans le cadre de l'hôpital de jour du parc Montsouris à Paris, il nous livre ses réflexions sur ces conduites agies. Laufer propose une classification clinique des psychopathologies de l'adolescent et le Dr. Raymond Cahn nous livre sa position critique en regard de cette classification. Il a théorisé sur les déliaisons dangereuses ; pour lui, tout adolescent quel qu'il soit, va développer des modalités de reliaison qui seront tributaires du mode de déliaisons rencontrées.
LA PUCE À L'OREILLE, THE MAKING OF (16 min)
Réalisateur :
Teirling Den Pays :
Belgique
- 2018
Marie-Claire demande de l’aide pour réaliser son propre court-métrage. Elle craint qu’un gouvernement global s’infiltre dans nos vies privées par l’implantation d’une puce.
En Belgique, 5 à 6.000 enfants sont victimes d'agressions sexuelles ou de violence chaque année. Ces sévices compromettent douloureusement le développement psycho-affectif des enfants qui, une fois adultes, reproduisent, dans 80% des cas, le comportement de leurs parents vis-à-vis de leurs propres enfants. Les parents maltraitants et leurs enfants doivent être suivis par des équipes pluridisciplinaires pour protéger l'enfant contre sa famille et pour soigner la souffrance des parents violents, incapables d'aimer. Les équipes soignantes plaident pour une dépénalisation de ces violences et une recherche des ressources positives de la famille. Avec le témoignage poignant d'une femme battue et abusée par son père entre 7 et 18 ans.
Au lieu de combattre la pauvreté, on combat les pauvres. Suivant l'exemple américain, l'Europe se polarise entre ses quartiers riches et ses banlieues de misère où se généralise la "tolérance zéro". On construit une prison quand on ferme une usine. Les pauvres, en général et les jeunes issus de l'immigration en particulier, sont l'objet de toutes les peurs. Passant de l'autre côté du miroir et brisant les clichés, le film les montre dans leur humanité, dans une cellule, le box d'un tribunal ou une cave de cité, avec leurs émotions, leurs envies, leurs peurs et leur désespoir. Loin d'une image de la démocratie européenne où tous ont leur chance, le film, prenant à témoin la France et la Belgique, offrant un regard critique et émouvant d'une société parfois sordide, la nôtre. "Quelle drôle d'époque!" Que sommes-nous en train de faire? Avons-nous perdu la raison?"
Il y a 90 ans (1911), E. Bleuler (1857-1939), un psychiatre suisse, invente le mot schizophrénie qui recouvre alors à peu près toute la pathologie mentale et prend en compte l’organisation de la vie psychique inconsciente. Aujourd’hui, où en est-on ? Plus qu’une réalité clinique, la schizophrénie semble aujourd’hui en France un objet théorique assez peu connu, une maladie dont la définition même semble poser problème. Même si les connaissances scientifiques et les traitements ont lentement évolués, ce mot est est utilisé indifféremment pour désigner un jeune adulte délirant et un malheureux "chronique" après 30 ans d’institution. Il faut ajouter que pour le moment la schizophrénie est une maladie dont on ne guérit pas. C’est un film sur la fragilité, la capacité à faire face à des événements qui déroutent, à des événements douloureux qui font exploser nos mécanismes de défense, sur l’échec qu’il faut accepter, la fin de notre toute puissance qu’il faut admettre. C’est un film sur la réalité. Celle qui attend les patients car, si la schizophrénie est une maladie qui s’exprime essentiellement par la rupture, une perte de contact vital avec la réalité et le lien social, si les patients ont du mal à percevoir cette réalité car elle est difficile, agressive, s’ils s’en détachent, s’en isolent, ils doivent l’affronter, essayer de s’y ancrer. Celle qui attend les familles car après le choc produit par l’entrée dans la maladie, il faut s’adapter à la nouvelle situation. Celle qui nous attend peut-être tous face à une vie à vivre
Serge Lebovici est professeur émérite de psychiatrie de l'adolescent et de l'enfant à l'université de Paris Nord, et psychanalyste. Il répond aux questions du Dr. Alain Bouvarel sur les processus trans-générationnels : les mécanismes qui font que des histoires de familles se traduisent par des problèmes chez de jeunes enfants ou chez leurs parents. Le professeur présente de nombreux exemples qui montrent bien en quoi, comme l'arbre, nous vivons aussi par nos racines.
Une collection d'entretiens avec de grands praticiens (pédiatre, psychologue, pédopsychiatre, anesthésiste, juge pour enfants, professeur de philosophie,...) qui exposent leurs réflexions et abordent les difficultés, abus et carences dont sont victimes les enfants et les adolescents au sein de la famille ou de l'école. Moyen d'information pour un travail individuel ou support d'animation collective, les entretiens sont conçus comme outil de réflexion destiné aux professionnels de la santé, de l'enfance et de la famille. Ils sont également conseillés aux parents qui s'interrogent sur les problématiques développées. L'objectif est d'engager la réflexion sur les moyens à mettre en oeuvre pour favoriser le développement harmonieux de l'enfant et de l'adolescent. Un échange entre Stefan Vanistendael, sociologue, secrétaire général adjoint du B.I.C.E. (Bureau International Catholique de l'Enfance) et Boris Cyrulnik, psychiatre, éthologue. La résilience est l'aptitude d'un enfant, d'un adulte ou d'une communauté à surmonter un malheur. C'est un concept nouveau qui désigne un phénomène ancien que l'on cherche à comprendre depuis peu, et plus particulièrement chez l'enfant. En effet, l'organisme et le psychisme de l'enfant peuvent continuer ou reprendre leur développement malgré des conditions de vie très défavorables (guerre, précarité, maltraitance,...). Ce changement de regard sur les enfants blessés mais pas vaincus est une invitation à une espérance réaliste, à condition que l'on donne la parole à ces enfants et que les récits des adultes qui les condamnent trop vite changent.
Timide et introverti, Lars vit seul dans le garage aménagé de son frère Gus et de sa belle-sœur Karin, dans un petit village du Middlewest. Quand il leur annonce qu'il a enfin rencontré une jeune fille sur Internet et qu'elle va bientôt lui rendre visite, Gus et Karin sont soulagés et très impatients de faire sa connaissance. Leur surprise est grande lorsque Lars leur présente très officiellement l'étrange Bianca. Sur les conseils de leur médecin, Karin et Gus décident de ne pas heurter Lars et d'accepter son amie. Bianca accompagne Lars à table, à l'église ou au supermarché attirant l'attention et la stupéfaction générale du village.
Victor Rodwin est reconnu internationalement comme expert en étude comparée des systèmes de santé. Il enseigne à la Robert F. Wagner Graduate School of Public Service de l'Université de New York.Ses voyages à travers le monde lui ont permis de montrer comment les différents types de gouvernement relèvent le défi d'offrir les meilleurs soins de santé à leur population. Pour le docteur Rodwin, la comparaison des systèmes de santé est complexe et ne vise aucunement à prouver la supériorité d'un système sur l'autre. Au cours de cet entretien, il décrit avec enthousiasme et humour les principaux enjeux méthodologiques de son champs d'étude et montre, à l'aide de nombreux exemples, comment les modèles théoriques résistent mal aux contraintes politiques et culturelles. Il aborde aussi la difficulté d'exporter des politiques de santé qui peuvent s'avérer judicieuses dans un contexte mais néfastes dans un autre.
Voilà plusieurs années que des artistes interviennent en milieux de soins mais leur travail reste peu ou mal connu du grand public. La commission Art et Santé œuvre à faire connaître ce champ d’action essentiel de la culture et à interroger ces pratiques. Elle a choisi cette fois-ci le format de l’image pour aborder plusieurs questions de fond : quel est l’engagement de l’artiste qui choisit de travailler en milieux de soins ? Quel rapport entretient-il avec ce milieu ? Quelle collaboration entre l’artiste et le soignant ? Quels effets et quelle durabilité ont ces pratiques ?
À partir des nombreuses images recueillies en suivant plusieurs artistes et institutions culturelles dans divers milieux de soins à Bruxelles et en Wallonie, Isabelle Rey a réalisé un montage de 18 minutes divisé en trois chapitres. « Vue sur coulisses » aborde plus particulièrement les spectacles « en chambre », « Déployer l’instant » se penche davantage sur les ateliers organisés en milieux de soins, et « Empreintes et traverses » sur la collaboration entre artistes et soignants.
Alexandre Berlin, conseiller pour la santé publique à la Commission européenne de la santé, nous décrit le contexte dans lequel évolue la Comission européenne de la santé et la place qui est dévolue à la santé publique. L'Europe confrontée de façon permanente à d'énormes changements sociaux et politiques, doit constamment inventer de nouvelles manières d'aborder la santé afin de la maintenir au coeur des priorités des pays membres. Le docteur Berlin nous décrit, avec quelques exemples à l'appui, certaines stratégies pour mettre de l'avant des programmes de sensibilisation et de prévention qui pourront intéresser un grand nombre de pays et être diffusés largement.