A Geel, près d’Anvers, sur 34000 habitants, il y a 550 "fous du village". C’est qu’une tradition séculaire veut que les paysans accueillent au sein de leur famille des patients psychiatriques. Ceux-ci n’y sont pas en vacances, mais en deviennent membres à part entière et participent à la vie de leur famille adoptive. Parfois durant des dizaines d’années. Arnout Hauben a suivi quatre de ces familles pendant quatre saisons, et filme "la vie comme elle va", sans pathos ni rebondissement spectaculaire : Robke et Eddie, les colombophiles (aussi nombreux dans cette région que dans le Hainaut des "Convoyeurs attendent), Léon, virtuose de la scie à bois, Klara, qui aime les escapades à la mer, et dont les parrains ne peuvent plus se passer. Geel est un documentaire produit pour la télé flamande, d’excellente facture, qui - pour une fois - prend la temps de nous raconter les petites choses de la vie, parfois amusantes, parfois un peu tristes, jour après jours, dans ce petit village finalement unique au monde.
Huit jeunes, patients dans un hôpital psychiatrique bruxellois, ont participé à toutes les démarches de création. Une chenille, deux singes, une colmobe, un rhino, un toucan et un papillon évoluent dans des décors champêtres et nous racontent une tranche de vie, nous livrent leurs attentes, leur recherche, leurs espoirs fous d’avenir, leur chemin accidenté, leur école buissonnière , leurs doutes, leurs questions, leurs amitiés...
FUTUR ANTÉRIEUR Fiction (24 min)
Réalisateur :
Philippe Coen Pays :
France
- 1988
Clé d’or - Lorquin 1988
Karl est étudiant, il attend les résultats d’un concours. Nicolas entraine Karl dans une spirale d’angoisse. Ce dernier projette alors en lui une vie imaginaire.
Dix jeunes adultes porteurs d'autisme ont créé Le Groupe en Or, une troupe de théatre amateur préparant un spectacle sur leur manière de voir l'amour et la vie de famille. Pendant un an et demi, Quentin Bellon, lui même autiste, aidé de Xavier Petit, les filme et réalise le documentaire : "Plus tard j'aimerais bien être amoureux".
Des parents confrontés à des enfants au comportement tyrannique échangent au sein d'un groupe de parole au CHU de Montpellier. Ils livrent des récits qui bouleversent les représentations habituelles de la parentalité, de l'éducation, de la transmission. Des rapports inversés aux rapports de force ou de domination, de la culpabilité à la peur, ils sont amenés à repenser leur rôle auprès de leur enfant, leur rapport au monde et à la norme
Après être sorti de l’hôpital psychiatrique où il est interné, Jean-Pierre Guillaud, schizophrène, poignarde mortellement Luc Meunier. Reconnu pénalement irresponsable de ses actes, c’est son médecin psychiatre, le docteur Gujadhur, qui a fait face à la justice. En décembre 2017, il est condamné en appel par le tribunal pénal de Grenoble à 18 mois de prison avec sursis pour manque de surveillance et grave défaut d’appréciation de la dangerosité d’un patient. Une condamnation inédite en France, qui peut faire jurisprudence.
Depuis plus de trente ans, Madeleine Louarn mène avec les comédiens handicapés mentaux de l’Atelier Catalyse, ancré à Morlaix, une expérience de théâtre singulière, joyeuse et extraordinairement fertile. À l’occasion de la création de Ludwig, un roi sur la lune – sélectionné pour le 70e Festival d’Avignon au mois de juillet 2016 – nous nous attardons avec eux à tous les détails de la préparation : des répétitions à la grande première. Au-delà de l’aventure de cette création théâtrale, le film nous propose une rencontre avec ces comédiens, saisissant leur intimité et leur humanité, leur rapport singulier au monde…
A 8 ans, Stephen Eliot, parce qu'il se croit en danger de mort permanent, est interné parmi des autistes, à l'école orthogénique de Chicago, l'institut fondé par Bruno Bettelheim. C'est sa dernière chance. Les tests psychologiques révèlent un processus de nature schizophrène, des angoisses paranoïdes assez importantes pour indiquer un traumatisme précoce. Bettelheim pense qu'il peut arriver à sauver cet enfant. Un traitement à long terme est préconisé, il durera treize ans. Aujourd'hui Steve a 46 ans. Il est banquier à New York et vient de publier ses souvenirs : "La métamorphose, mes treize années chez Bruno Bettelheim." Le témoignage de Steve reste le premier et le dernier d'un ancien de l'école orthogénique. C'est un document bouleversant, le récit d'un combat exemplaire. Comment un gamin agressif, perdu, terrorisé s'est-il transformé en un adolescent capable de projets ambitieux pour devenir un adulte qui a trouvé sa place dans la société ? Ce film retrace son combat, à travers la rencontre des différents protagonistes de son histoire : ses parents, Diana, sa première éducatrice, Roger, son copain de l'école orthogénique, Geneviève Jurgensen, son éditrice, qui fut éducatrice à l'institut pendant deux ans, François qui a étudié avec Steve à Yale. "A la recherche de Stephen Eliot" est sans doute un voyage initiatique comme fut celui de Steve.
"Dans certaines maisons de la région d'Ainay-le-Château, dans le Bourbonnais, un des murs de la chambre des propriétaires était autrefois percé d'une lucarne. L'ouverture ainsi pratiquée donnait sur les quartiers réservés à leurs pensionnaires, des malades mentaux, hommes et femmes. Les "parents d'accueil" pouvaient dès lors aisément surveiller les égarements passagers de leurs "protégés". Voilà déjà cent ans que ces pratiques existent et, aujourd'hui, quatre cents familles de l'endroit accueillent quelque mille patients principalement originaires d'hôpitaux parisiens. Là, c'est la campagne, nous y sommes des étrangers. Les gens de la ville n'ont pas colonisé les lieux, ils y ont envoyé leurs fous. Ces hommes et ces femmes ne sont pas un problème dont il est urgent de parler: ils ne dérangent personne, ils sont hors du monde, du nôtre. Chacun d'entre eux est, tout au plus, une petite tragédie du grand ordinaire, de celles que la société préfère laisser dans l'ombre et qui nous laisse toujours un arrière-goût amer" (Th. Augé).
William Z ferme le triangle issu d'un couple banal qui aime tant et si mal. William est fils unique, désiré, adoré. Mais, il n'a pas cherché à s'intégrer dans les rêves parentaux. Alors le triangle s'est brisé. Tout petit, il s'est laissé glisser le long d'un mur, s'est recroquevillé, refermé sur un étrange secret. Aujourd'hui, le père conduit son fils à l'hôpital, l'énième hôpital. Il sait déjà qu'il va falloir parler, raconter les pourquoi, les comment, dévoiler, se mettre à nu. Cela lui semble insupportable. Il en veut tellement à William pour cela et pour le reste. L'inattendu pour le père, c'est qu'il se retrouve en face d'une jeune femme, psychiatre, directrice de l'hôpital, et, l'étrange jeu des questions-réponses se transforme tout de suite en rapport de séduction, en rapport de force.
Au Bénin, berceau du vaudou, l'art divinatoire et les plantes du guérisseur se conjuguent à la science et à la parole du psychiatre formé à l'occidentale. Immersion dans le village psychiatrique de la guérisseuse Agbohoué qui, avec ses enfants, soigne une centaine de malade mentaux selon des pratiques héritéesde ses ancêtres. Le professeur Ahyi, premier psychiatre agrégé du Bénin et défenseur de la tradition situe les actes de la guérisseuse dans le processus thérapeutique et le contexte culturel.
Dans son cabinet le Dr Semyc (interpreté par Michel Cymes) recoit un couple dont le mari est atteint d'une maladie très (trop) répandue. Face à l'inquiétude du malade, le médecin doit annoncer le diagnostic avec tact et diplomatie. Pas facile....
Le film nous entraine dans l’étrange voyage d’une tribu, d’un petit peuple nomade qui n’a de terre que celle qu’il crée. Le film, réalisé avec les acteurs-patients de la clinique psychiatrique de La Borde est autant la cartographie d’une aventure poétique qu’une impossible histoire à raconter. Le film invite à expérimenter les vertiges et les transports d’une réalité insoumise. Sur les pas d’un petit peuple en devenir.
"Je suis une star papillon et j'adore danser le baroque." : Aurélia fréquente un hôpital psychiatrique de jour parisien. Avec d'autres patients de la même institution, elle participe à un projet de médiation par la danse impliquant aussi les élèves d'un lycée professionnel, qui aboutira à un "temps pour danser", formule de l'Ecclésiaste qu'Alessandra Celesia (Le Libraire de Belfast, VDR 2012) a retenue comme titre de son nouveau film. Au cours de la préparation du bal, ces adolescent-e-s aux vies dissemblables vont s'apprivoiser, apprendre à se reconnaître, tester leurs capacités à s'approprier les gestes de la gigue ou du menuet, un univers devant lequel ils se retrouvent d'autant plus à égalité qu'il leur est radicalement étranger. La cinéaste regarde se tisser les liens d'amitié ou d'amour, sur la pointe "de l'objectif", si l'on ose dire, se plaçant dans une position aussi discrète que ce que sa caméra enregistre semble fragile. Un temps pour danser montre très simplement comment des êtres peuvent sortir de leur chrysalide et partager un peu de leur lumière intérieure. (Emmanuel Chicon)
En septembre 2018, j'ai décidé de filmer ma grand-mère, Annie, 96 ans, atteinte de maladie d'Alzheimer. J'ai voulu saisir les hauts et les bas de la maladie au rythme des visites de ses proches ; de la perte de ses repères jusqu'à ses instants de joie et de lucidité retrouvée.
Chaque jour, des hommes et des femmes malades confient à leur journal des fragments de leur vie intérieure. Petits morceaux de soi, bruts, rassemblés, recollés dans l'urgence d'une perte de son équilibre, de son intégrité, voire de son identité. Que signifient, pour eux, ces mots posés sur les maux ? Comment interfèrent-ils avec l'épreuve qu'ils traversent ? Katouchka Collomb, Anne Poiré-Gallino et Marion Dessaules ont accepté d'ouvrir et de commenter leur journal intime. Elles racontent les moments douloureux qu'elles ont traversés et s'interrogent sur le rôle de cette écriture particulière.
Marlène est une jeune mère fantasque, venant d'un milieu prolétaire, sans emploi et qui a été quitté par son mari. Elle passe ses journées à regarder les émissions de télé-réalité et à se saouler. Son seul bonheur et sa fierté, c'est Elli, sa petite fille de 8 ans que Marlène surnomme affectueusement "Gueule d'ange". Mais pour la jeune fille, "gérer" sa mère et son alcoolisme est un combat quotidien, ce qui lui fait atteindre une maturité précoce ...
Bruno a connu le succès avec un premier roman. Vingt ans plus tard, à 50 ans, il est toujours célibataire sans enfant et vit en colocation avec une jeune Femen. Il se lève à 14h et passe la plupart de ses journées en caleçon à la recherche de l’inspiration. Pour lui tout va bien, mais ses proches s’inquiètent...