1. "La destruction" (66'): Dans un monde où l'économie n'est plus au service de l'homme mais l'homme au service de l'économie, les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu'au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n'ont atteint un tel niveau.
2. "L'aliénation" (64'): Une productivité maximale et un client roi totalement satisfait: deux notions qui, aujourd'hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d'un management de la manipulation.
3. "La dépossession" (63'): Alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, le document raconte l'extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L'histoire nous transporte d'une usine du centre de la France jusqu'aux arcanes de la finance new-yorkaise.
Mitch est artiste, Mitch est schizophrène. Voilà ce qu’il clame, face caméra. Et Mitch est son autoportrait, celui d’un homme de 40 ans qui utilise la caméra et le cinéma comme forme de thérapie. Donc, geste décisif ici, il s’agira ici de retourner la perspective, de lui emboiter le pas. De l’image sur la folie, nous voilà placé depuis celui-là même qui en est le sujet. Mitch nous entraîne avec lui, traversée fulgurante de son environnement, l’hôpital psychiatrique où il réside. Il filme, se filme, s’interroge et interroge, sur le sexe, la beauté, invective mais aussi chante et karaoke, apostrophe sur la politique, se révolte, scrute, s’inquiète, et rit aussi. Filme sans gants ni mesure. Mais cela n’est pas tout. Si Mitch est une plongée vue par Mitch à travers cette matière constituée de 2009 à 2011 dont Mitch est le seul opérateur et Damir Čučić l’initiateur, c’est aussi une traversée par ses bords d’un pays pris dans les suites traumatiques de l’histoire récente. Un film comme détour pour mieux revenir au centre, tout comme ce geste pour conserver l’anonymat des personnes filmées, un geste aussi simple que saisissant, en forme de retournement des contraintes du droit à l’image : le recouvrement des visages et des corps par le dessin. Où chacun serait devenu l’image grotesque dans un monde peuplé de fantômes dansants. (NF)
Hiver 2012. Répondant au SOS de sa collègue Mitra Kadivar, le psychanalyste Jacques-Alain Miller tente par échanges de mails de la libérer d’un hôpital psychiatrique à Téhéran où elle a été internée à la suite d’un complot de ses voisins.
Eté 2016. Une équipe artistique se met au travail pour donner corps et voix à l’histoire tragique de Mitra, à travers la création d’un opéra auquel participent des résidents d’un centre psychiatrique à Aix-en-Provence.
Le film rend compte de ce processus de création, où l’on accède à l’inaudible et à l’invisible de la souffrance psychique, où l’opéra se fait l’écho de la résistance et de la solidarité mises en œuvre pour libérer Mitra.
Ainsi se tissent des liens entre des mondes qui ne se seraient probablement jamais rencontre?s sans le cinéma : le monde de Mitra en Iran, celui des mails échangés avec Miller, celui des artistes en répétition, celui des résidents en psychiatrie. Autant de rencontres transformatrices qui amplifient par la musique et le chant la portée de l’histoire singulière d’une femme accusée de folie.
Ce film pose le problème du droit à la mort dans la dignité, mais parle surtout de vie, de responsabilité et de courage : le courage de faire des choix conscients. Sous la forme d'un documentaire-fiction, l'auteur raconte la mort de son frère, de son père et de sa mère, expériences dramatiques où le hasard et les actes des témoins jouent tour à tour des rôles déterminants. Sans discours moralisateur, Frans Buyens affirme que faire le choix de sa mort, c'est non seulement abréger ses propres souffrances et celles de son entourage, mais c'est aussi transmettre la volonté de vivre.
MOMMY Fiction (2h14)
Réalisateur :
Xavier Dolan Pays :
Canada
- 2014
Prix du jury au Festival de Cannes
Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et, bientôt, d'espoir. Récompensé au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Xavier Dolan gagne encore en précision et en pureté. Comme dans son premier film ("j'ai tué ma mère") c'est la figure maternelle qui est mise en avant. Même si le constat est lui différent.
Tout d'abord il y a eu une rencontre teintée de timidité et de curiosité. Puis Fred m'a parlé de sa relation avec les arbres. Il leur parle, se confie à eux. Un dispositif s'est mis en place naturellement. Fred a peint des personnages sur les vitres du Centre Sésame et sur un miroir posé au sol dans le jardin du Centre. Par cet effet de surimpression, l'arrière-plan permettait de retrouver les arbres dans la forme des personnages allongés. La parole en revanche a mis du temps à se délier. J'ai confié à plusieurs reprises l'enregistreur audio à Fred qui, seul, s'est livré à des improvisations vocales hautes en couleurs ! Une relation de confiance s'est établie avec Fred durant les cinq mois de rencontres. Le film Mon copain, les arbres, est un témoignage du lyrisme vocal et pictural auquel Frédéric s'est prêté.
Dans une époque de grandes remises en questions politiques et sociales, et le film est ancré dans un temps où la lutte du malade mental pour sa reconnaissance en tant qu’individu s’inscrivait naturellement dans une mouvance révolutionnaire.
Des parents confrontés à des enfants au comportement tyrannique échangent au sein d'un groupe de parole au CHU de Montpellier. Ils livrent des récits qui bouleversent les représentations habituelles de la parentalité, de l'éducation, de la transmission. Des rapports inversés aux rapports de force ou de domination, de la culpabilité à la peur, ils sont amenés à repenser leur rôle auprès de leur enfant, leur rapport au monde et à la norme
Quatre mères qui ont chacune perdu un enfant (âgé de six mois à dix huit ans) livrent de manière sensible comment elles ont vécu cette terrible épreuve et comment elles ont pu survivre à cette perte: ce que cet enfant représente aujourd'hui pour elles; le sentiment de culpabilité souvent présent; la différence entre leur façon de réagir et celle de leur mari; l'épreuve pour le couple; la réaction de leurs amis; le besoin de parler et le soutien que peuvent apporter des associations de parents qui ont vécu le mˆme drame; l'acceptation du deuil.
En 1977, les journaux intimes et les lettres d'une mystérieuse femme russe, Sabina Spielrein, furent découverts dans la cave de l'ancien Institut de psychologie de Genève. On trouve entre autres une riche correspondance avec deux des pionniers de la psychanalyse, Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, dont elle fut la patiente, l'amie et l'amante, avant de devenir elle-même psychanalyste. Ces documents témoignent d'une quête permanente des mystère de l'âme humaine.
Mêlant archives, documents et reconstitutions, ce film retrace le parcours hors norme de cette femme, son importante contribution à la psychanalyse, et, au-delà de son parcours académique, le rôle qu'elle a joué dans les relations entre Freud et Jung.
Note: Le film a reçu le Prix Fipresci 2003 de la Critique internationale.
Bonus DVD: La vie de Sabina Spielrein - Symboles et influences - Entretien avec Menicha Spielrein - Entretien avec Margarita Khatyaturyants - Entretien avec Vladimir Ovtcharenko - Témoignage de la réalisatrice, Elisabeth Márton.
Par un échange de vues vif et pétillant entre Marie-Dominique Vergez, présidente du Tribunal pour enfants de Créteil, et Maryse Vaillant, psychologue clinicienne chargée de la protection judiciaire de la jeunesse, ce document d'information générale traite de l'influence de la monoparentalité sur le futur des enfants et jeunes concernés. Les deux intervenantes abordent non seulement les risques et difficultés pour les différents membres de la cellule familiale mais s'attache aussi à souligner la diversité des situations contrastées, souvent désignées sous un même vocable. Les pistes en matière de prévention et de résolution des situations problématiques ne sont pas oubliées.
Le réalisateur a 12 ans quand son père lui confie un étrange secret : il se sent doué de pouvoirs occultes, qui fait de lui un médium entre le ciel et la terre. Il affirme ainsi pouvoir guérir les malades du cancer, communiquer avec les extraterrestres et entrer en contact avec les morts. Fasciné par l'univers paternel, Einari devient son disciple. Mais, avec le temps, il cesse peu à peu de croire aux phénomènes surnaturels.
La vie de Fernand Deligny, éducateur célèbre, et son désir de cinéma croisent son accueil d’enfants autistes. De l’hôpital d’Armentières en 1940 au hameau de Graniers, Deligny invente des lieux de vie qui permettent aux enfants et adolescents d’échapper à l’enfermement. Il crée du collectif et du réseau ; il invente un atelier permanent de recherche sur ce qui fait l’humain au–delà du langage. On le connaît pour 2 films « Le Moindre Geste » et « Ce Gamin là ». Mais il n’a cessé pendant 40 ans d’articuler ses expériences de vie avec des essais cinématographiques. Truffaut sera un de ses compagnons de route.
Alors qu’elle était traitée pour une maladie mentale, la soeur de la documentariste norvégienne Anniken Hoel est brusquement décédée. Soupçonnant les antipsychotiques prescrits d’être en cause, la réalisatrice se lance alors dans une enquête au coeur de l’industrie pharmaceutique. Elle y découvre un système opaque...
La mort subite du nourrisson est un phénomène relativement fréquent qui était jusqu'à récemment inexpliqué. Depuis, les recherches ont proposé une origine pluriétiogique et le phénomène est devenu accessible à une prévention efficace. Dans cet entretien, on aborde les grandes questions entourant ce syndrome : réaction des parents et de la fratrie, l'enfant de remplacement, le soutien ainsi que les mesures préventives.