En 1977, les journaux intimes et les lettres d'une mystérieuse femme russe, Sabina Spielrein, furent découverts dans la cave de l'ancien Institut de psychologie de Genève. On trouve entre autres une riche correspondance avec deux des pionniers de la psychanalyse, Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, dont elle fut la patiente, l'amie et l'amante, avant de devenir elle-même psychanalyste. Ces documents témoignent d'une quête permanente des mystère de l'âme humaine.
Mêlant archives, documents et reconstitutions, ce film retrace le parcours hors norme de cette femme, son importante contribution à la psychanalyse, et, au-delà de son parcours académique, le rôle qu'elle a joué dans les relations entre Freud et Jung.
Note: Le film a reçu le Prix Fipresci 2003 de la Critique internationale.
Bonus DVD: La vie de Sabina Spielrein - Symboles et influences - Entretien avec Menicha Spielrein - Entretien avec Margarita Khatyaturyants - Entretien avec Vladimir Ovtcharenko - Témoignage de la réalisatrice, Elisabeth Márton.
Quatre mères qui ont chacune perdu un enfant (âgé de six mois à dix huit ans) livrent de manière sensible comment elles ont vécu cette terrible épreuve et comment elles ont pu survivre à cette perte: ce que cet enfant représente aujourd'hui pour elles; le sentiment de culpabilité souvent présent; la différence entre leur façon de réagir et celle de leur mari; l'épreuve pour le couple; la réaction de leurs amis; le besoin de parler et le soutien que peuvent apporter des associations de parents qui ont vécu le mˆme drame; l'acceptation du deuil.
Dans une époque de grandes remises en questions politiques et sociales, et le film est ancré dans un temps où la lutte du malade mental pour sa reconnaissance en tant qu’individu s’inscrivait naturellement dans une mouvance révolutionnaire.
Tout d'abord il y a eu une rencontre teintée de timidité et de curiosité. Puis Fred m'a parlé de sa relation avec les arbres. Il leur parle, se confie à eux. Un dispositif s'est mis en place naturellement. Fred a peint des personnages sur les vitres du Centre Sésame et sur un miroir posé au sol dans le jardin du Centre. Par cet effet de surimpression, l'arrière-plan permettait de retrouver les arbres dans la forme des personnages allongés. La parole en revanche a mis du temps à se délier. J'ai confié à plusieurs reprises l'enregistreur audio à Fred qui, seul, s'est livré à des improvisations vocales hautes en couleurs ! Une relation de confiance s'est établie avec Fred durant les cinq mois de rencontres. Le film Mon copain, les arbres, est un témoignage du lyrisme vocal et pictural auquel Frédéric s'est prêté.
MOMMY Fiction (2h14)
Réalisateur :
Xavier Dolan Pays :
Canada
- 2014
Prix du jury au Festival de Cannes
Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et, bientôt, d'espoir. Récompensé au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Xavier Dolan gagne encore en précision et en pureté. Comme dans son premier film ("j'ai tué ma mère") c'est la figure maternelle qui est mise en avant. Même si le constat est lui différent.
Ce film pose le problème du droit à la mort dans la dignité, mais parle surtout de vie, de responsabilité et de courage : le courage de faire des choix conscients. Sous la forme d'un documentaire-fiction, l'auteur raconte la mort de son frère, de son père et de sa mère, expériences dramatiques où le hasard et les actes des témoins jouent tour à tour des rôles déterminants. Sans discours moralisateur, Frans Buyens affirme que faire le choix de sa mort, c'est non seulement abréger ses propres souffrances et celles de son entourage, mais c'est aussi transmettre la volonté de vivre.
Hiver 2012. Répondant au SOS de sa collègue Mitra Kadivar, le psychanalyste Jacques-Alain Miller tente par échanges de mails de la libérer d’un hôpital psychiatrique à Téhéran où elle a été internée à la suite d’un complot de ses voisins.
Eté 2016. Une équipe artistique se met au travail pour donner corps et voix à l’histoire tragique de Mitra, à travers la création d’un opéra auquel participent des résidents d’un centre psychiatrique à Aix-en-Provence.
Le film rend compte de ce processus de création, où l’on accède à l’inaudible et à l’invisible de la souffrance psychique, où l’opéra se fait l’écho de la résistance et de la solidarité mises en œuvre pour libérer Mitra.
Ainsi se tissent des liens entre des mondes qui ne se seraient probablement jamais rencontre?s sans le cinéma : le monde de Mitra en Iran, celui des mails échangés avec Miller, celui des artistes en répétition, celui des résidents en psychiatrie. Autant de rencontres transformatrices qui amplifient par la musique et le chant la portée de l’histoire singulière d’une femme accusée de folie.
Mitch est artiste, Mitch est schizophrène. Voilà ce qu’il clame, face caméra. Et Mitch est son autoportrait, celui d’un homme de 40 ans qui utilise la caméra et le cinéma comme forme de thérapie. Donc, geste décisif ici, il s’agira ici de retourner la perspective, de lui emboiter le pas. De l’image sur la folie, nous voilà placé depuis celui-là même qui en est le sujet. Mitch nous entraîne avec lui, traversée fulgurante de son environnement, l’hôpital psychiatrique où il réside. Il filme, se filme, s’interroge et interroge, sur le sexe, la beauté, invective mais aussi chante et karaoke, apostrophe sur la politique, se révolte, scrute, s’inquiète, et rit aussi. Filme sans gants ni mesure. Mais cela n’est pas tout. Si Mitch est une plongée vue par Mitch à travers cette matière constituée de 2009 à 2011 dont Mitch est le seul opérateur et Damir Čučić l’initiateur, c’est aussi une traversée par ses bords d’un pays pris dans les suites traumatiques de l’histoire récente. Un film comme détour pour mieux revenir au centre, tout comme ce geste pour conserver l’anonymat des personnes filmées, un geste aussi simple que saisissant, en forme de retournement des contraintes du droit à l’image : le recouvrement des visages et des corps par le dessin. Où chacun serait devenu l’image grotesque dans un monde peuplé de fantômes dansants. (NF)
1. "La destruction" (66'): Dans un monde où l'économie n'est plus au service de l'homme mais l'homme au service de l'économie, les objectifs de productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu'au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n'ont atteint un tel niveau.
2. "L'aliénation" (64'): Une productivité maximale et un client roi totalement satisfait: deux notions qui, aujourd'hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d'un management de la manipulation.
3. "La dépossession" (63'): Alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, le document raconte l'extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L'histoire nous transporte d'une usine du centre de la France jusqu'aux arcanes de la finance new-yorkaise.
Le film est le fruit d'une rencontre entre la cinéaste et Mimi Chiola, personnalité romanesque, forte et émouvante, qui aime raconter des histoires. De Nice où Mimi a grandi et où elle a assumé son homosexualité malgré son éducation catholique, jusqu'à la montagne où elle s'est installée plus tard avec une femme, l'histoire s'incarne dans le rapport entre le corps de Mimi et les lieux qu'elle parcourt avec Claire Simon. Mimi se souvient ici ou là, des scènes qu'elle a vécues, et sa promenade dessine le roman de sa vie: ordinaire et extraordinaire...
Quand deux frères partent ensemble, tout peut arriver, le meilleur comme le pire. Quand un des deux frères a un méchant penchant pour l’alcool, ça vire plutôt vers le pire, et quand ce dernier devient agressif, il n’y a même plus de meilleur. Seulement, c’est son frère, et ça, même s’il ne l’a pas choisi, il ne l’oubliera jamais. Comment aider un frère qui ne veut rien entendre, qui n’écoute pas, qui pense juste à sa gnôle et à rien d’autre ? Et si, pour une fois, le vilain petit canard avait raison… Frères dans la vie et dans ce court métrage, Pierre et Jean Lagnay interprètent un duo parfait de deux stéréotypes qui s’entrechoquent. L’ange « contre » le démon, le sage contre le fêtard, celui qui étudie contre celui qui boit et drague les minettes. N’empêche qu’ils sont frères et qu’en voulant faire du bien, l’ange risque de changer son statut contre celui de démon, l’espace d’un court instant, certes, mais d’un instant décisif.
« Il me semble que le paradis... C’est un amour qui te transperce le ventre et qui te rend vraiment heureux… Une sensation d’éclatement d’amour, dans un lieu lointain. C’est un lieu où l’on peut jouir, le paradis. » (Michel) Je n’ai pas revu Michel depuis 2001. Il habitait alors dans un appartement thérapeutique à Mâcon. Mais des problèmes sont survenus. Je le retrouve maintenant à l’hôpital dans une unité de psychiatrie complexe ; un secteur silencieux et fermé. Sa parole se révèle entre douleur et résistance, humour et lucidité ; s'y découvre une histoire d’amour aux corps empêchés.
Le Docteur Daniel Lengelé participa en tant que jeune psychiatre à la création du Secteur d’Anderlecht en 1961, puis à la fondation du premier foyer de postcure qui allait donner naissance à l’asbl l’Équipe. Par la suite il collabora à la fondation et l’installation de La Gerbe. Avec le docteur Philippe Hennaux, il revient sur ces moments féconds de la psychiatrie extra hospitalière.
Dix janvier 2003: MetalEurop-Nord (Pas-de-Calais), la plus grande fonderie d'Europe, inaugurée en 1894 est sur le point de fermer. Suite à la décision d'une poignée d'actionnaires de la multinationale suisse Glencore, ce seront bientôt 830 métallos qui seront au chômage. Parmi eux, Jean-Pierre Bertrand, quarante-huit ans, lutte et tente de sauver sa famille du naufrage.
Plutôt que de se cantonner aux images-choc des manifestations, le réalisateur a décidé de raconter la fermeture de l'usine à travers le prisme d'une famille, de la petite dizaine de membres d'un "clan", qu'il va suivre pendant plus de neuf mois.
"Le courage, les disputes, la fureur, les moments d'abattement. Pas de langue de bois, la vie attrapée au vol. Total respect" (Le Monde). "Chronique de mois instables, ce documentaire révèle des hommes, des femmes et des enfants, avec leurs douleurs et leurs interrogations, et la réalité qui se passe derrière les chiffres impersonnels" (Télérama).
Compléments DVD (10'): Coups de gueule, confessions intimes - amères ou drôles...
« Mes Questions sur la folie en Prison » est un cheminement dans l’enfermement. Un enfermement dans les têtes, et dans les murs, dans un lieu deux fois maudit. Bruits de serrures, de portes, qu’on ouvre et qu’on referme toujours derrière soi. Une plongée dans l’un des 26 services hospitaliers d’une prison, celui de Poitiers-Vivonne. Ce documentaire souhaite porter un regard sur une réalité dure et dérangeante, celle de la maladie mentale des détenus, des formes qu’elle peut prendre, de la manière dont l’administration pénitentiaire la gère et dont le corps médical la soigne. Soigner et punir… est-ce possible ? Dans ce nouvel asile de la République, où 8 personnes sur 10 présentent au moins un trouble psychiatrique, Serge Moati se met en quête d’histoires d’hommes. Avec constamment en arrière-plan, cette question, qui nous interpelle, qui nous dérange : « Mais que font nos fous en prison ? »
Devant la fréquence importante des consultations concernant le divorce des parents, Catherine Jousselme nous invite, dans cet entretien à mieux comprendre les conséquences de cette séparation quelque soient les positions parentales. Ce moment difficile que vivent les enfants, se traduit toujours par une période de souffrance avec mésestime d'eux-mêmes qui dans les meilleures situations disparaît en quelques mois.La persistance du conflit parental, la souffrance parfois dépressive d'un des parents, peuvent cependant amener des perturbations psychiques chez l'enfant, variables suivant l'âge de celui-ci. Elle dresse ensuite les modalités de prise en charge variables et ciblées suivant les cas concernant les parents et l'enfant. Elle nous montre enfin les écueils éventuels des modalités de la garde alternée. Un document utile pour les soignants et les parents.
Le film, inspiré du best-seller "Mères-filles, une relation à trois" , de Caroline Eliacheff, psychanaliste, et Nathalie Heinich, sociologue (Editions Albin Michel), suit tout naturellement les âges de la vie et le passage du temps. De la naissance à la mort, cette narration, nourrie d'extraits de films de fiction et de famille, d'interviews d'écrivains, permet de mettre en évidence combien, au cours d'une vie, les relations changent entre une mère et sa fille, et comment elles peuvent s'apaiser.