Anna est une jeune fille normale qui mène une vie normale, du moins le jour. La nuit, dans ses rêves, elle s'envole à Venise et y joue le rôle ambigu de la complice d'un receleur d'objets d'art mouillé dans un trafic d'organes. Un rêve qui se répète chaque nuit et auquel Anna ne prête pas grande attention, jusqu'au jour où la police la convoque pour l'entendre dans une sombre affaire d'assassinat... Un film tout en nuances qui aborde à la manière d'un songe le problème de la schizophrénie.
Anna est une jeune fille normale qui mène une vie normale, du moins le jour. La nuit, dans ses rêves, elle s'envole à Venise et y joue le rôle ambigu de la complice d'un receleur d'objets d'art mouillé dans un trafic d'organes. Un rêve qui se répète chaque nuit et auquel Anna ne prête pas grande attention, jusqu'au jour où la police la convoque pour l'entendre dans une sombre affaire d'assassinat... Un film tout en nuances qui aborde à la manière d'un songe le problème de la schizophrénie.
Dans cet entretien, le Dr. Luc Ciompi nous explique que le patient schizophrène développe une psychose à cause d'un déficit dans la structuration des bases de références affectives et cognitives de son moi et de son monde environnant. Il souligne la participation de plusieurs facteurs génétiques, éducationnels, stresseurs sociaux et déclencheurs. A partir de ses études longitudinales, le Dr. Ciompi conclut que presque la moitié des patients schizophrènes ont une évolution favorable. Parmi les mesures thérapeutiques, l'auteur établit comme essentielle la constitution d'un milieu social propice qui protège le patient de la surstimulation et la complexité des informations.
Dans les années 60, Ronald Laing fonde dans la région londonienne plusieurs lieux d'accueils thérapeutiques ou "households", dont le but est de mettre les patients à l'abri des agressions de la psychiatrie traditionnelle. La communauté d'Archway est de 1969 à 1972 un des principaux lieux où va émerger un regard radicalement neuf sur la maladie mentale et où la "thérapie" consistera à tenter de responsabiliser les malades dans leur prise en charge et de leur rendre le pouvoir sur leur propre vie. C'est cet univers que le cinéaste américain Peter Robinson, flanqué d'une équipe légère, va explorer sept semaines durant. Il en a tiré un petit bijou de cinéma-vérité, loin des clichés sur les "fous". Et quand, dans une scène renversante, le père d'un patient explique, avec entrain, qu'il a loué les services d'une fille pour un rendez-vous avec son fils catatonique, on se demande qui est à enfermer... Archway ressemble un peu à une société tribale. David, l'intellectuel impétueux, entraîne tout qui l'écoute dans un discours sans fin sans cesse menacé d'auto-invalidation. Julia, consumée par le besoin émotionnel de clamer sa bonne santé mentale, régresse dans l'enfance. "C'est le seul témoignage filmé que nous ayons qui montre ce que nous pensons devoir faire pour - disons: pour les gens qui sentent que la société les a détruits" (Ronald Laing).
Le manque d'élan vitale, les troubles de l'humeur, l'apragmatisme sont parfaitement expliqués par ce sujet jeune dont le faciès, l'attitude, la voix et l'élocution traduisent bien la sémiologie déficitaire de la schizophrénie. Disponible en VHS Pal/Sécam et 16 mm son optique
"Le vide est mon miroir, la mort ma compagne. Je gis, je ne suis plus rien de moi..." La déchirure intérieure d’un malade, joué par Pierre Clementi, à partir des écrits authentiques d'un patient. Une expérience de cinéma subjectif où la caméra prend la place de la tête du sujet.
Trois années durant, les réalisateurs Jeanne Pope et James Galwey ont filmé le quotidien d’une pension de famille. Ils y ont suivi un couple souffrant de graves troubles mentaux et le difficile quotidien de la propriétaire du lieu, Lise Bissonnette. Comme si une petite souris observait le degré zéro du système de prise en charge des troubles mentaux : celui de personnes que seuls leurs droits sociaux préservent de la rue. Car telle est la réalité des personnes atteintes de troubles mentaux, en marge de la société et sans travail, ni argent, ni famille. Elles dépendent entièrement des pouvoirs publics. Heureusement pour elles qu’il existe des gens comme Lise pour les accompagner de jour en jour.
L'imaginaire populaire véhicule bien des clichés fantaisistes à propos des personnes atteintes de schizophrénie : perversité, double personnalité . En réalité, le schizophrène est avant tout quelqu'un qui est en proie à une souffrance intense, une angoisse de vivre qui ne trouve de " solution " acceptable qu'à travers la construction d'un délire qui lui rende le quotidien plus tolérable. L'équipe de Pulsations a rencontré plusieurs de ces personnes et recueilli leurs témoignages souvent étonnamment lucides sur la façon dont ils se sentent perçus dans notre société. La schizophrénie fait partie des psychoses, c'est à dire des désordres mentaux qui font perdre au malade le contact avec la réalité ordinaire. C'est une maladie qui débute vers la fin de l'adolescence, et pour laquelle on n'a pas encore identifié de causes précises. Une fragilité d'origine génétique semble indiscutable, qui serait renforcée par certains facteurs extérieurs encore mal déterminés.
Au terme de schizophrène, ils préfèrent l’expression entendeur de voix. Deux fois par mois, ils se réunissent autour de Virginia. Elle a créé et anime un groupe de parole destiné à des personnes atteintes de ce mal réputé incurable et dont le seul nom incarne tous les fantasmes de la folie. Avec elle, ils racontent leur vie avec des voix dans la tête.
ELLE S'APPELLE SABINE Documentaire (1h25)
Réalisateur :
bonnaire sandrine
- 2007
Prix de la Critique internationale à la
Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007.
Un portrait sensible de Sabine Bonnaire, autiste de 38 ans, réalisé par sa soeur la plus proche.
Le documentaire fait le récit de son histoire à travers des archives personnelles, filmées par la comédienne sur une période de vingt-cinq ans, et témoigne de sa vie aujourd'hui dans une structure adaptée. Le film évoque une personnalité attachante, dont le développement et les dons multiples ont été broyés par un système de prise en charge défaillant. Après un passage tragique de cinq longues années en hôpital psychiatrique, Sabine reprend goût à la vie - même si ses capacités restent altérées - dans un foyer d'accueil en Charente.
Note: Le documentaire a reçu le Prix de la Critique internationale à la Quinzaine des réalisateurs, Cannes 2007.
Bonus DVD: Making of.
Note: Un livret d'entretien avec Sandrine Bonnaire accompagne le titre.
Portrait d'un homme dans son univers, entouré de ses objets hétéroclites. Eric rejette les valeurs superficielles de ce monde. Il fait son pèlerinage en solitaire.C'est l'homme qui crée de jour en jour avec humour et poésie.
Contrainte par ses parents, une jeune fille subit un traitement psychiatrique qui la plongera dans la schizophrénie. Très influencé par les travaux de l'antipsychiatrie, le film de Loach traite essentiellement des méfaits de la répression familiale et médicale, et de leurs conséquences sur la personnalité. Note: il existe un documentaire sur Ken Loach (réalisé par Karim Dridi) dans la série "Cinéma de notre temps", qui porte la référence TD1583.
Il s'agit d'une forme de type hébephénocatatonique chez une jeune fille de 18 ans qui, dans ce film, exprime des idées de référence, des sentiments de dédoublement. Les troubles psychomoteurs sont ici plus marqués que dans d'autres formes cliniques de la maladie. Disponible en VHS Pal/Sécam et 16 mm son optique * Ce film est strictement réservé au Corps Médical
Ces trois films ont été réalisés au cours d'un atelier vidéo à Schaerbeek animé par Frédéric Guillaume.
1. "Vide ton sac", un film de Rosangela Maya (2008 - 9'): A l'intérieur d'un sac à main, on découvre des babioles, des petits en cas, de la poussière et des trousses de secours... D'une façon inattendue et surprenante, le sac révèle un mystère (son silence), une surprise (son bruit). Il est intrigant, fascinant, fidèle et complice.
2. "Moyaland", un film de Marie Tully (2008 - 4'48"): Parfois le quotidien peut sembler routinier. Mais à travers le regard d'une enfant de 2 ans 1/2, les actes les plus anodins prennent de nouvelles couleurs. Dans un supermarché anodin, Moya partage avec nous ses découvertes spontanées et réjouissantes.
3. "Lettre à mon frère", un film de Yasmina Lansman (2008 - 7'23"): Que faire quand un membre de sa fratrie souffre de graves troubles mentaux? Comment cueillir sa propre vie alors qu'une des personnes que l'on aime le plus au monde a des difficultés avec la sienne? Autant de questions que traversent cettre lettre vidéo d'une soeur à son frère.
Le long d’un chemin puis d’une brève incursion dans un bois dans lequel il a un jour entrepris de s’installer, Martin revient sur un épisode particulier de sa vie. C’est l’occasion d’évoquer avec lui son rapport au monde, à la maladie, à la famille, à l’habitat, à soi. Portrait intimiste d’un jeune homme souffrant de schizophrénie, réalisé par son frère.
LA COULEUR QU'ON A DERRIÈRE LES YEUX Documentaire (18 min)
Réalisateur :
CARRIDROIT Céline Pays :
France
- 2006
Prix "Enfance et Jeunesse" au festival
Traces de Vie 2006 de Clermont-Ferrand.
Comment s'échappe-t-on du monde quand on a un esprit lourd à porter? Grégory Carras nous donne son point de vue sur ce genre de questions qu'un parcours atypique l'a amené à approfondir. "Le fait qu'il n'y ait rien, Ferré le disait, il n'y a plus rien, ce n'est ni une consolation, ni une chose douloureuse, pour moi ça est. Je suis là-dedans".
Aujourd'hui, Grégory assume sa maladie, la schizophrénie, après s'être reconstruit grâce à différents moyens d'expression. Un témoignage sans pesanteur, une belle rencontre que la réalisatrice nous livre au travers d'une vraie écriture cinématographique.
Note: Un court-métrage (18') réalisé dans le cadre du master de réalisation de documentaire de création de l'Université Stendhal 3 à Grenoble, le film a obtenu le Prix "Enfance et Jeunesse" au festival Traces de Vie 2006 de Clermont-Ferrand.
En février 1976, La Devinière, un lieu de psychothérapie institutionnelle, ouvrait ses portes à dix-neuf enfants réputés incurables, refusés par tous. Ni le sens commun, ni la psychiatrie, ni la pédagogie ne pouvaient les admettre, les reconnaître. Ces enfants, exilés en somme, la Devinière les a acceptés définitivement avec comme principe fondateur de ne les rejeter sous aucun prétexte. Le mot "asile" reprenait ici tout son sens: un espace sans grille, ni chimie où l'on donne le droit de "vivre avec sa folie". Durant plus de vingt ans, des liens de solidarité se sont noués entre ceux que rien ne reliait. Au fil des saisons, Benoît Dervaux - l'opérateur image des frères Dardenne sur "Rosetta" - a filmé au plus près ce lieu qui a fait rejaillir la vie, là où tout semblait condamné.
Virginia, une jeune romancière qui vient de se marier à Robert Cunningham, est victime d’une grave dépression nerveuse voire d'une schizophrénie qui la conduit à l’internement dans un hôpital psychiatrique (Juniper Hill State Hospital). L’esprit troublé, la jeune femme n’a plus conscience du temps et de la réalité et ne reconnaît même plus son mari. Elle est soignée par le docteur Mark Kirk qui diagnostique la schizophrénie. Séances d'électrochocs, hypnose et cure de psychothérapie font partie de son traitement. Peu à peu, ravivant la mémoire de Virginia, celui-ci découvre des éléments tragiques du passé de sa patiente.
Il y a 90 ans (1911), E. Bleuler (1857-1939), un psychiatre suisse, invente le mot schizophrénie qui recouvre alors à peu près toute la pathologie mentale et prend en compte l’organisation de la vie psychique inconsciente. Aujourd’hui, où en est-on ? Plus qu’une réalité clinique, la schizophrénie semble aujourd’hui en France un objet théorique assez peu connu, une maladie dont la définition même semble poser problème. Même si les connaissances scientifiques et les traitements ont lentement évolués, ce mot est est utilisé indifféremment pour désigner un jeune adulte délirant et un malheureux "chronique" après 30 ans d’institution. Il faut ajouter que pour le moment la schizophrénie est une maladie dont on ne guérit pas. C’est un film sur la fragilité, la capacité à faire face à des événements qui déroutent, à des événements douloureux qui font exploser nos mécanismes de défense, sur l’échec qu’il faut accepter, la fin de notre toute puissance qu’il faut admettre. C’est un film sur la réalité. Celle qui attend les patients car, si la schizophrénie est une maladie qui s’exprime essentiellement par la rupture, une perte de contact vital avec la réalité et le lien social, si les patients ont du mal à percevoir cette réalité car elle est difficile, agressive, s’ils s’en détachent, s’en isolent, ils doivent l’affronter, essayer de s’y ancrer. Celle qui attend les familles car après le choc produit par l’entrée dans la maladie, il faut s’adapter à la nouvelle situation. Celle qui nous attend peut-être tous face à une vie à vivre