Jerry vit à Milton, petite ville américaine bien tranquille où il travaille dans une usine de baignoires. Célibataire, il n'est pas solitaire pour autant dans la mesure où il s'entend très bien avec son chat, M. Moustache, et son chien, Bosco. Jerry voit régulièrement sa psy, aussi charmante que compréhensive, à qui il révèle un jour qu'il apprécie de plus en plus Fiona, la délicieuse Anglaise qui travaille à la comptabilité de l'usine. Bref, tout se passe bien dans sa vie plutôt ordinaire - du moins tant qu'il n'oublie pas de prendre ses médicaments...
Marjane Satrapi change une fois de plus de style avec ce thriller drolatique sur la schizophrénie. Même s'il manque un peu de profondeur, cet exercice de style, quelque part entre Burton et Hitchock, est assez réjouissant.
THE EFFECT OF GAMMA RAYS ON MAN-IN-THE-MOON MARIGOLDS (DE L'INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES) Fiction (1h40)
Réalisateur :
Paul Newman Pays :
Canada
- 1972
Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes pour Joanne Woodward
Béatrice Hunsdorfer est une femme veuve, d'une quarantaine d'années. Elle et ses filles, Ruth et Matilda, luttent pour survivre dans une société qu'elles comprennent à peine. Béatrice rêve d'ouvrir un salon de thé élégant, mais ne dispose pas des ressources nécessaires pour atteindre son but. Ruth, qui est épileptique, est une adolescente rebelle, alors que Matilda est une jeune fille timide, mais très intelligente et idéaliste. Cette dernière trouve le réconfort dans le soin qu'elle prodigue à son animal de compagnie, un lapin, et dans les projets scientifiques qu'elle réalise avec l'école (l'une de ces expériences donne son nom au titre du film). L'expérience scientifique de Matilda est censé montrer combien une petite quantité de radium affecte les marguerites ; certaines meurent, mais d'autres évoluent avec des mutations étranges mais très belles, qui diffèrent totalement des plantes originales. De la même manière, Matilda a réussi à s'en sortir, malgré une existence difficile, dans une maison délabrée d'un quartier de classe moyenne. Elle a appris comment vivre avec sa mère, dont le comportement est souvent très embarrassant, tout en évitant de devenir comme elle. A contrario, Ruth semble vouée à reproduire le schéma familial, et subit pleinement l'influence de la personnalité instable de Béatrice Hunsdorfer.
Curtis LaForche mène une vie paisible avec sa femme et sa fille quand il devient sujet à de violents cauchemars. La menace d'une tornade l'obsède. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Son comportement inexplicable fragilise son couple et provoque l'incompréhension de ses proches. Rien ne peut en effet vaincre la terreur qui l'habite...
"Take Shelter" n'est pas qu'un bon film de genre, c'est aussi une étude terrible du couple. (...) Nichols capte ainsi l'esprit d'une époque, et peut-être même d'une génération. [Positif]
Making of - Entretiens - Commentaires audio - Le film vu par Michel ciment - Scènes coupées.
Fille-mère à l'adolescence, Suzanne vit avec son père routier et sa soeur dont elle est inséparable. Sa vie bascule lorsqu'elle tombe amoureuse de Julien, petit malfrat qui l'entraîne dans sa dérive. S'ensuit la cavale, la prison, l'amour fou qu'elle poursuit jusqu'à tout abandonner derrière elle... Second long métrage de Katell Quillévéré, "Suzanne" est un mélo familial sobre et étincelant qui tire sa force des ellipses, du banal des situations et du talent de ses acteurs.
Sensible et déterminée, Grace est à la tête d'un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.
STAND-BY Fiction (1h59)
Réalisateur :
Stephanik Roch Pays :
France
- 2000
Prix du meilleur réalisateur et de la meilleure actrice pour Dominique Blanc, lors du Festival international du film du Caire en 2000.
Prix de la meilleure première œuvre, lors du Festival des films du monde de Montréal en 2000.
Prix Tournage, lors du Festival du film d'Avignon en 2001.
Nomination au prix du meilleur film, lors du Festival international du cinéma indépendant de Buenos Aires en 2001.
César de la meilleure actrice pour Dominique Blanc et nomination au César de la meilleure première œuvre en 2001.
Hélène et Gérard sont à la cafétaria de l'aéroport et vont embarquer pour Buenos-Aires où ils ont décidé de s'installer. Soudain, Gérard annonce à Hélène qu'il ne l'aime plus, qu'il la quitte. Il lui rend ses bagages, elle tente de le raisonner et de le retenir mais reste seule, désemparée, à Orly. Elle ne va plus quitter l'aéroport, va se prostituer avec des voyageurs en transit et accomplir ainsi une sorte de voyage initiatique. Un premier film très maîtrisé, un rôle magnifique pour Dominique Blanc (César 2001) et une très belle photo.
Spider vient de passer vingt ans dans un hopital psychiatrique et retourne à Londres dans le quartier de son enfance. Cet homme coupé du monde remonte peu à peu son passé à la recherche de son histoire. Il croit notamment se rappeller que son père a tué sa mère pour s'installer avec une prostituée quand il avait douze ans... Un film intimiste au dénouement optimiste, où Cronenberg traite ses obsessions habituelles de manière plus dépouillée, avec une audace artistique nouvelle. Fiennes est fabuleux.
Comme chaque année, Marie et Jean partent se reposer dans les Landes. De ce dernier voyage, Marie revient seule, bien seule. Son mari a disparu. Entre doute et deuil réel, Marie balance. Il faut pourtant qu'elle continue à vivre. D'une retenue étonnante en comparaison avec ses oeuvres précédentes, François Ozon offre à Charlotte Rampling ce qui restera probablement comme son rôle le plus rentré, le plus intense.
En souvenir de son fils mort, une riche veuve veut faire une donation à un hôpital à condition que soit pratiquée une lobotomie sur sa nièce. Le médecin interroge celle-ci et découvre la vérité sur la mort du fils... Une poignante adaptation de la pièce de Tennessee Williams.
Peu connue, mais très répandue, la maladie d'Alzheimer provoque la perte de contrôle progressive et irréversible des facultés mentales et physiques. S'appuyant sur de solides recherches, ce film de fiction rend compte des toutes premières étapes de l'évolution du mal et pose en corollaire la question suivante: quelle est la responsabilité de l'individu lorsqu'un de ses proches en arrive à perdre autonomie, dignité, intelligence, vie?
Un individu étrange marche sous la pluie, s'approche de la vitrine d'un restaurant où il aperçoit un piano, entre et commence à tenir un discours incohérent... David Helfgott est un pianiste prodige, né en Australie dans une famille juive, formé par un père exigeant qui a reporté sur lui toute sa frustration personnelle et l'a couvé au point de l'empêcher de partir suivre des cours aux États-Unis. David quitte finalement l'Australie pour Londres, banni par son père. Là-bas, sous la houlette de son professeur, son talent s'épanouit mais, lors d'un concert, David s'effondre. Électrochocs, séjours en hôpital psychiatrique,... jusqu'à ce qu'il soit redécouvert. Une histoire étonnante et vraie, un ton juste et sensible, un film qui raconte et qui touche sans justifier. Oscar pour Geoffrey Ruch.
Claire a trente-deux ans et est persuadée d'être atteinte de la maladie d'Alzheimer, plutôt rare à son âge. Sa mère en est morte et Claire perd ses repères, oublie de plus en plus de choses. Malgré le scepticisme de son entourage, elle se rend dans un centre spécialisé pour les troubles de la mémoire et va apprendre à mettre des mots sur ses difficultés. Elle va aussi rencontrer Philippe qui a tout oublié après un accident qui a coûté la vie à sa femme et son enfant... Zabou réalise son premier film et réussit une fiction très documentée sur un sujet difficile et une belle histoire d'amour. Bernard Campan se révèle dans un registre inhabituel, Isabelle Carré est lumineuse.
Mona fait de l'auto-stop. Elle dérive au gré des rencontres. Elle est sale et ne veut pas qu'on l'aime à tout prix. Jeune femme asociale, elle mourra de froid, seule. Personnage dont la vie est fragmentairement reconstruite par ceux qui l'ont rencontrée, Mona est une rebelle débarrassée du romanesque habituel. Éprise de liberté, elle enclenche un processus d'exclusion sociale dont l'issue ne peut être que fatale. Sandrine Bonnaire démontre à ceux qui en doutaient qu'elle est bien plus que la créature de Maurice Pialat.
Rosie a treize ans et les questions qu'on lui pose à son arrivée dans un home pour jeunes délinquants la plongent dans ses souvenirs. Une mère trop jeune, un frère aîné brutal et autoritaire et ce monde meilleur qu'elle s'est créé et dans lequel elle se réfugie de plus en plus souvent en compagnie de son prince Jimi. Bouleversant.
Sara Goldfarb n'a qu'une passion: sa télévision. Une lettre en provenance de son émission préférée, lui promettant une hypothétique invitation sur le plateau, la convainc de suivre un régime à base d'amphétamines, afin de rentrer dans sa belle robe rouge d'antan. Quant à son fils, héroïnomane, il entraîne sa compagne et son meilleur ami dans différentes combines susceptibles d'entretenir leur coûteuse dépendance. Après "Pi" (1998), Darren Aronofsky confirme son véritable talent avec cette adaptation de Hubert Selby Jr., pilier de la beat generation. Le résultat est une oeuvre étonnante, dont l'excès fait la force tant le fond et la forme se confondent. Une descente aux enfers impressionnante à la limite de l'insoutenable et où culmine l'interprétation d'Ellen Burstyn.
Dans le cadre du programme régional Culture à l’hôpital, un animateur propose aux jeunes qui fréquentent le centre de jour Etienne Marcel, de réaliser un film sur la réussite. Au grand dam de ce dernier, le groupe préfère se pencher sur les sentiers de la vulnérabilité.
Au chômage depuis belle lurette, Bob et Tommy vivent tant bien que mal de petits boulots ou de coups foireux. La fille de Bob a maintenant 7 ans. Bob veut qu'elle fasse sa communion solennelle et qu'elle garde de cette journée le plus magnifique des souvenirs. Mais la robe blanche et les accessoires indispensables à la cérémonie coûtent cher, et Bob n'a plus qu'une solution, emprunter... Le cri de Loach qui dénonce avec persévérance le "no future" des banlieues anglaises, où le fait de manger, de se chauffer, de travailler, de vivre simplement appartient au domaine du rêve. Alors, ne subsiste que la dignité qu'il faut à tout prix préserver pour rester un être humain. Un film indispensable.
Spolié d'une part de son héritage par un inconnu, Charles Babbitt va découvrir avec stupéfaction qu'il a un frère, un autiste savant complètement replié sur lui-même et doué de facultés intellectuelles exceptionnelles. Leurs routes divergentes, leurs tempéraments de prime abord incompatibles vont petit à petit se rapprocher à force de temps, d'humour et de tendresse. Une composition prodigieuse de Dustin Hoffman récompensée à juste titre par un Oscar.
Luce et Ulysse s'aiment. Ils vivent une vie pleine et heureuse à la tête de leur petite clinique vétérinaire le long de la côte atlantique. Luce attend un heureux événement. L'avenir est radieux. À priori. Car à la naissance de la petite Rose, rien ne se passe comme prévu. Luce perd pied devant les pleurs incessants de son bébé. Pourquoi diable son bébé pleure-t-il ? Serait-ce pour l'avertir de quelque chose? La petite famille serait-elle en danger ?
"La phobie est une variété d'obsessions caractérisées par la crainte d'un objet, d'un animal ou encore d'un acte déterminé... L'acte que le malade redoute de commettre étant interdit parce que ridicule, odieux, sacrilège, nuisible voire criminel ... " Le film illustre de manière fictionnelle l'anxiété et l'épouvante du malade confronté à cette pathologie. Existe en 16 mm (son optique) et en vidéo